Maroc : Un Français recherché par les Etats-Unis arrêté pour une affaire de cybercriminalité

ENQUETE Sébastien Raoult a été interpellé le 31 mai à l’aéroport de Rabat-Salé

20 Minutes avec AFP
Le Français de 21 ans est accusé d'avoir piraté des entreprises notamment américaines. (PHOTO D'ILLUSTRATION)
Le Français de 21 ans est accusé d'avoir piraté des entreprises notamment américaines. (PHOTO D'ILLUSTRATION) — Canva

L’homme de 21 ans était recherché par les Etats-Unis pour son implication présumée dans une affaire de cybercriminalité. Le Français a été arrêté et incarcéré au Maroc, a indiqué ce vendredi la police marocaine, confirmant une information de L’Obs.

Sébastien Raoult a été interpellé le 31 mai à l’aéroport de Rabat-Salé alors qu’il faisait l’objet d’une notice rouge émise par Interpol à la demande de la justice américaine, dans le cadre d’une affaire de cyberpiraterie, a ajouté la source policière, sans autre précision. Selon les médias marocains, cette arrestation a été « le fruit d’une coopération entre la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) marocaine et le FBI ».

« Impérialisme judiciaire américain »

« Il n’a séjourné qu’en France et au Maroc. Si piraterie il y a eu, c’est depuis la France. Le juge naturel est le juge français », a souligné son avocat Me Philippe Ohayon, qui demande que son client soit extradé vers la France et non aux Etats-Unis. Il a adressé des courriers en ce sens au président de la République française Emmanuel Macron, au ministre de la Justice français Eric Dupond-Moretti et au parquet d’Epinal dans les Vosges, où est domicilié son client.

« Nous ressentons une forme d’impérialisme judiciaire américain », a ajouté Me Ohayon. Sollicité par l’AFP, le parquet marocain n’a pas donné suite. Le jeune homme, un étudiant en informatique vosgien, est incarcéré depuis le 2 juin à la prison de Tiflet 2, près de Rabat.

116 ans de prison

Selon L’Obs, le FBI le soupçonne d’appartenir à un groupe de hackers – les « ShinyHunters », une référence à l’univers des Pokémon – accusés d’être « des cybercriminels prolifiques » par les autorités américaines.

Ces dernières réclament l’extradition du suspect pour des faits de « complot en vue de commettre une fraude et abus électronique », « fraude électronique » et « vol d’identité grave ». Parmi les sociétés que ce groupe aurait visées figure notamment Microsoft. Sébastien Raoult risquerait une peine de 116 ans de prison aux Etats-Unis pour les faits qui lui sont imputés.