Guerre en Ukraine : Céréales, gaz ou victimes... La bataille des chiffres en quatre infographies

RECAP' « 20 Minutes » vous résume les enjeux et l'avancée du conflit entre Kiev et Moscou en infographies

Marion Pignot
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Carte de la situation en Ukraine au 28 juillet 2022, à 7 heures GMT
Carte de la situation en Ukraine au 28 juillet 2022, à 7 heures GMT — SIMON MALFATTO, SOPHIE RAMIS, KENAN AUGEARD
  • Au 156e jour de la guerre opposant l’Ukraine à la Russie, de multiples frappes de missiles russes se sont abattues sur plusieurs régions d’Ukraine. Mais c’est surtout l’Est qui, selon l’état-major ukrainien, reste la cible privilégiée de Moscou, qui s’acharne sur Kharkiv, la deuxième ville du pays.
  • La guerre se poursuit également en mer, sur le terrain de l’information et sur celui de l’approvisionnement en gaz. Si Gazprom a une nouvelle fois fermé le robinet, trois ports ukrainiens ont libéré des milliers de tonnes de céréales vers l’étranger. Mais chacun veille au grain, assurant ne pas faire confiance à l’adversaire avec qui pourtant un accord a été signé à Istanbul et contre qui se joue toujours l’âpre bataille du décompte des morts.
  • Comme chaque vendredi, 20 Minutes revient sur les éléments clés de la guerre en Ukraine et les grands tournants de la semaine en infographies.

Des navires marchands chargés de céréales qui quittent à nouveau les ports ukrainiens de la mer Noire, des exportations de gaz réduites ou, sur le terrain, des affrontements armés qui ne connaissent pas de répit sur le front du Donbass… Voici un point en quatre infographies sur cette nouvelle semaine de guerre en Ukraine, se terminant ce vendredi, 156e jour de conflit.

Dans l’Est, les Russes s’acharnent sur Kharkiv

Carte de la situation en Ukraine au 28 juillet 2022, à 7 heures GMT
Carte de la situation en Ukraine au 28 juillet 2022, à 7 heures GMT - SIMON MALFATTO, SOPHIE RAMIS, KENAN AUGEARD

D’après l’état-major ukrainien, les forces russes ont continué cette semaine de tenter d’avancer près de Siversk et de Bakhmout, dans la région industrielle du Donbass (est de l’Ukraine), que Moscou ambitionne toujours de conquérir. Ce vendredi, le gouverneur de la région de Lougansk, Serguiï Gaïdaï, a quant à lui annoncé que les forces ukrainiennes avaient fait face à six assauts russes. « Les groupes de reconnaissance de l’ennemi tentent de trouver des points faibles dans notre défense (…) Ils attaquent de différents côtés et ont eu recours à l’aviation à plusieurs reprises », a-t-il précisé sur Telegram.

Et cette semaine encore, les forces armées de Vladimir Poutine n’ont pas laissé Kharkiv tranquille. La deuxième ville de l’Ukraine a subi jeudi deux frappes de missiles S-300 qui ont provoqué des incendies, selon son maire Igor Terekhovassène. « Les agresseurs essayent de transformer Kharkiv en une ville lamentable, similaire à celles qu’ils ont en Russie », a-t-il déclaré. Quelque 30 % des maisons et appartements de la ville ont été détruits et Igor Terekhovassène a estimé le nombre de sans-abri à 150.000.

Plus de 25 millions de tonnes de céréales libérées

Carte des principaux ports dans la région de la mer Noire et des ports ukrainiens.
Carte des principaux ports dans la région de la mer Noire et des ports ukrainiens. - LAURENCE SAUBADU, PAZ PIZARRO, SYLVIE HUSSON, EMMANUELLE MICHEL

Les trois ports ukrainiens désignés pour les exportations de céréales ont recommencé mercredi à fonctionner. « Les ports d’Odessa, de Tchornomorsk et de Ioujny (Pivdenny) ont repris le travail, a annoncé mercredi la marine ukrainienne. La sortie et l’entrée des navires dans les ports maritimes se feront par la formation d’un convoi qui accompagnera le navire de tête. »

Ce convoi est le résultat des accords signés le 22 juillet dernier à Istanbul et doit être contrôlé par le Centre de coordination conjointe (CCC), officiellement inauguré le même jour dans la métropole turque. Cet organisme va immatriculer et suivre les navires marchands qui participeront aux convois, assurer leur suivi via Internet et par satellite, faire inspecter les bateaux « par des équipes conjointes aux endroits appropriés » au moment du chargement dans les ports ukrainiens et à leur arrivée dans les ports turcs.

Ces accords, signés pour quatre mois, doivent donc permettre la livraison à l’étranger des quelque 25 millions de tonnes de céréales coincées depuis le début de l’invasion russe le 24 février. Kiev a toutefois annoncé à plusieurs reprises ne pas faire confiance à Moscou pour assurer la sécurité de ces convois. Et de rappeler les tirs de missiles russes survenus samedi sur le port d’Odessa.

Coupé, le gaz est cher

Graphique montrant l'évolution des réserves de gaz en Europe depuis 2018, au 24 juillet 2022.
Graphique montrant l'évolution des réserves de gaz en Europe depuis 2018, au 24 juillet 2022. - Laurence SAUBADU

Dès lundi, Moscou a annoncé une nouvelle coupe drastique des livraisons de gaz à l’Europe, ravivant la bataille du gaz entre la Russie et l’Occident. Le géant gazier russe Gazprom a en effet annoncé qu’il réduirait une nouvelle fois drastiquement, à 33 millions de mètres cubes quotidiens, les livraisons de gaz russe à l’Europe via le gazoduc Nord Stream, arguant de la nécessité de maintenance d’une turbine. Berlin a d’emblée dénoncé un « prétexte » et une décision « politique » pour peser sur les Occidentaux dans le cadre du conflit en Ukraine. Reste que l’arrivée de gaz en provenance de Russie en Allemagne était mercredi de quelque 14,4 gigawattheures (GWh), contre près de 29 GWh en moyenne ces derniers jours, selon l’opérateur allemand Gascade, qui gère le réseau sur le territoire allemand.

Face à des risques de pénurie, les prix du gaz ont continué à monter. Mercredi matin le TTF néerlandais, la référence du gaz naturel en Europe, avait progressé de plus de 9 %. Depuis le début de la semaine, le TTF a bondi de 35 %.

Des bilans de victimes toujours incertains

Carte d'Ukraine pointant les victimes civiles recensées par l'ONG Acled entre le début du conflit le 24 février et le 22 juillet.
Carte d'Ukraine pointant les victimes civiles recensées par l'ONG Acled entre le début du conflit le 24 février et le 22 juillet. - Laurence SAUBADU, Valentina BRESCHI, Kenan AUGEARD

Il n’existe toujours aucun bilan global des victimes civiles du conflit. Pour la seule ville de Marioupol (sud-est), les autorités ukrainiennes évoquent quelque 20.000 morts. Et sur le plan militaire, environ 15.000 soldats russes auraient perdu la vie en Ukraine depuis le début de la guerre, selon le dernier bilan des agences de renseignement américaine et britannique révélé cette semaine.

Le chef d’état-major des armées britannique, l’amiral Tony Radakin, avait pourtant dimanche évalué à 50.000 les pertes militaires russes, que les soldats soient tués ou blessés. Et ce jeudi, Elissa Slotkin, une représentante de la Chambre démocrate qui a assisté à un briefing secret du gouvernement américain, a assuré à CNN avoir été informée « que plus de 75 000 Russes avaient été tués ou blessés, ce qui est énorme ». Dmitry Peskov, attaché de presse de Vladimir Poutine, a démenti, indiquant que ce chiffre était « faux », le Kremlin annonçant 1.351 pertes côté forces russes dans son dernier bilan.

Quant à l’Ukraine, elle avait fait état début juin de 10.000 morts dans ses troupes par la voix du conseiller présidentiel Oleksiy Arestovych. Il est important de rappeler qu’aucune statistique indépendante concernant le nombre de morts lié à la guerre en Ukraine n’est disponible.