Attaque du Capitole : Les procureurs fédéraux s’intéressent aux actions de Donald Trump

ENQUETE Plusieurs membres de l'administration Trump ont récemment témoigné devant un grand jury, notamment le chef de cabinet de Mike Pence

Philippe Berry
— 
L'attorney general (ministre de la Justice) Merrick Garland et Donald Trump (photomontage).
L'attorney general (ministre de la Justice) Merrick Garland et Donald Trump (photomontage). — AFP

Depuis des mois, on parle surtout de l’enquête de la commission parlementaire sur l’assaut du Capitole. Mais la plus dangereuse pour Donald Trump est celle menée en parallèle par le département de la Justice, qui a déjà inculpé des centaines de supporteurs de l’ancien président. Et selon plusieurs médias américains, les procureurs fédéraux ont commencé de poser des questions sur les actions de Donald Trump, notamment à l’ancien chef de cabinet de Mike Pence, qui a témoigné devant un grand jury la semaine dernière.

A ce stade, on ignore si Donald Trump est directement visé par une instruction judiciaire. Mais dans le cadre de l’enquête globale sur le 6 janvier 2021, la justice fédérale s’intéresse aux actions entreprises par Donald Trump pour interférer avec les résultats de la présidentielle, rapporte le New York Times. Selon CNN, les procureurs ont également obtenu un mandat pour examiner le téléphone de l’avocat John Eastman, considéré comme le principal architecte des efforts pour remplacer les grands électeurs validés par plusieurs Etats contestés.

Nouvelles auditions au Congrès en septembre

Sur la chaîne ABC, l’ex-chef de cabinet de Mike Pence, Marc Short, a refusé de donner des détails sur les sujets abordés devant un grand jury. Mais il a dénoncé les actions violentes des supporteurs de Donald Trump, dont certains se sont trouvés à quelques mètres de l’ex-vice président, chantant « Pendons Mike Pence ». Short a loué l’action des gardes du Secret service, estimant que si les émeutiers avaient réussi à s’approcher des élus, il y aurait pu avoir « un bain de sang ».

L’enquête du département de la Justice n’est pas liée à celle, politique, de la commission parlementaire. Cette dernière a terminé une première série d’auditions publiques en juillet. Face « à de nouvelles informations », de nouvelles auditions auront lieu en septembre. Elles permettront peut-être de confirmer – ou pas – les allégations d’une ex-assistante du chief of staff de Trump. Cassidy Hutchinson a affirmé que Donald Trump avait l’intention d’aller au Capitole, et qu’il savait, via son service de sécurité, que certains de ses supporteurs étaient armés.

La commission rendra ensuite son rapport et pourrait recommander des charges pénales contre Donald Trump. Il ne s’agit que d’un avis consultatif : c’est l’attorney general (ministre de la justice) Merrick Garland qui décidera s’il y a matière à inculper l’ancien locataire de la Maison Blanche, qui fait du teasing ces derniers jours sur une nouvelle candidature en 2024. Garland a insisté cette semaine : « personne n’est au-dessus des lois ».