Birmanie : La junte birmane exécute quatre hommes dont deux figures de l’opposition

MISE À MORT Ces quatre personnes avaient été condamnées pour des « actes de terreur brutaux et inhumains »

20 Minutes avec AFP
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Des militaires dans les rues de Rangoun, en Birmanie le 7 mars 2021 (illustration).
Des militaires dans les rues de Rangoun, en Birmanie le 7 mars 2021 (illustration). — STR/AP/SIPA

La junte birmane a exécuté quatre prisonniers, dont un ancien député pro-démocratie du parti d’Aung San Suu Kyi et un célèbre opposant, ont annoncé ce lundi les médias d’Etat, ce qui constitue la première application de la peine de mort en Birmanie depuis plus de trois décennies.

Ces quatre personnes avaient été condamnées pour des « actes de terreur brutaux et inhumains » et les exécutions ont suivi « les procédures de la prison », a affirmé le journal d’Etat Global New Light of Myanmar, sans préciser comment ni quand elles ont eu lieu.

Des dizaines de condamnés à mort

Depuis le coup d’Etat militaire du 1er février 2021, des dizaines d’opposants à la junte ont été condamnées à mort, mais aucune exécution n’avait eu lieu jusqu’à présent.

Phyo Zeya Thaw, 41 ans, ancien député de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), avait été arrêté en novembre et condamné en janvier pour avoir enfreint la loi antiterroriste.

Ce pionnier du hip-hop en Birmanie, dont les paroles critiquaient déjà l’armée au début des années 2000, avait connu la prison en 2008 pour appartenance à une organisation illégale et possession de devises étrangères.

Accusés d’attaques

Il avait obtenu un siège de député lors des élections de 2015, pendant la transition amorcée entre le pouvoir militaire et un gouvernement civil.

La junte l’accusait d’avoir orchestré plusieurs attaques contre le régime, notamment une attaque contre un train dans laquelle cinq policiers avaient été tués en août dernier à Rangoun.

Kyaw Min Yu, 53 ans, dit « Jimmy », était un écrivain et opposant de longue date à l’armée, célèbre pour son rôle dans le soulèvement étudiant de 1988 contre la junte de l’époque. Il avait été arrêté en octobre et condamné en janvier.

La France « condamne fermement » les exécutions de « quatre prisonniers politiques » en Birmanie qui constituent « une » nouvelle étape dans l’escalade des atrocités commises par la junte birmane depuis le coup d’État", a déclaré lundi lors d’un point de presse la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.