Variole du singe : L’OMS déclenche son plus haut niveau d’alerte

VIRUS Plus de 17.000 personnes, réparties dans 74 pays, ont contracté le virus

20 Minutes avec AFP
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La variole du singe provoque notamment des éruptions cutanées très douloureuses. (illustration)
La variole du singe provoque notamment des éruptions cutanées très douloureuses. (illustration) — /AP/SIPA

Face à la flambée des cas de variole du singe, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclenché, ce samedi après-midi, son plus haut niveau d’alerte, a annoncé le Dr. Tedros Adhanom Ghebreyesus lors d’une conférence de presse.

Les cas de variole du singe frappent désormais près de 17.000 personnes dans 74 pays, a annoncé son directeur général. « J’ai décidé de déclarer une urgence de santé publique de portée internationale », a-t-il ajouté, précisant que le risque dans le monde était relativement modéré à part l’Europe où il est élevé.

Moins dangereuse et contagieuse que sa cousine la variole

Détectée début mai, la recrudescence inhabituelle de cas de variole du singe en dehors des pays d’Afrique centrale et de l’ouest où le virus est endémique, s’est depuis étendue dans le monde entier, avec comme épicentre l’Europe. Décelée pour la première fois chez l’humain en 1970, la variole du singe est moins dangereuse et contagieuse que sa cousine la variole, éradiquée en 1980. Dans la plupart des cas, les malades sont des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, relativement jeunes, et vivant essentiellement en ville, selon l’OMS.

La qualification « d’urgence de santé publique de portée internationale (USPPI) » est utilisée dans des situations « graves, soudaines, inhabituelles ou inattendues ». Elle est définie par l’OMS comme un « évènement extraordinaire » dont la propagation constitue un « risque pour la santé publique dans d’autres Etats » et pouvant nécessiter « une action internationale coordonnée ». C’est seulement la 7e fois que l’OMS a recours à ce niveau d’alerte. Lors d’une première réunion le 23 juin, la majorité des experts du Comité d’urgence avaient recommandé au Dr Tedros de ne pas prononcer l’urgence d’USPPI.

Risque de stigmatisation

Détectée début mai, la recrudescence inhabituelle de cas de variole du singe, en dehors des pays d’Afrique centrale et de l’Ouest où le virus est endémique, s’est depuis étendue dans le monde entier, avec comme épicentre l’Europe. Décelée pour la première fois chez l’humain en 1970, la variole du singe est moins dangereuse et contagieuse que sa cousine la variole humaine, éradiquée en 1980. Dans la plupart des cas, les malades sont des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, relativement jeunes, et vivant essentiellement en ville, selon l’OMS.

Une étude publiée jeudi dans la revue scientifique New England Journal of Medicine, la plus large réalisée sur le sujet et basée sur des données de 16 pays différents, confirme que dans la vaste majorité - 95 % – des cas récents, la maladie a été transmise lors d’un contact sexuel et 98 % des personnes touchées étaient des hommes gays ou bisexuels. « Ce mode de transmission représente à la fois une opportunité pour mettre en place des interventions de santé publique ciblées, et un défi, car dans certains pays, les communautés affectées sont face à des discriminations qui menacent leur vie », avait relevé jeudi le Dr Tedros devant le comité d’experts.

« Il y a une réelle inquiétude que les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes puissent être stigmatisés ou blâmés pour la flambée de cas, la rendant beaucoup plus difficile à tracer et à stopper », avait-il averti.

Vacciner

Vendredi, l’Agence européenne des médicaments (EMA) a déclaré avoir approuvé l’utilisation d’un vaccin contre la variole humaine pour étendre son utilisation contre la propagation de la variole du singe. Ce vaccin est de fait déjà utilisé à cette fin dans plusieurs pays, dont la France.

Le vaccin Imvanex, de la société danoise Bavarian Nordic, est approuvé dans l’UE depuis 2013 pour la prévention de la variole. L’OMS recommande de vacciner les personnes les plus à risque ainsi que les personnels de santé susceptibles d’être confrontés à la maladie. A New York, ce sont des milliers de personnes qui ont déjà été vaccinées avec le vaccin Jynneos.