Assaut de Capitole : L’ex-conseiller de Trump Steve Bannon reconnu coupable d’entrave à l’enquête du Congrès

OBSTRUCTION Bannon, qui a refusé de répondre aux questions de la commission parlementaire, risque entre deux mois et deux ans de prison, mais il devrait faire appel

P.B.
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L'ex-conseiller de Donald Trump Steve Bannon, le 20 juillet 2022 devant le tribunal fédéral de Washington.
L'ex-conseiller de Donald Trump Steve Bannon, le 20 juillet 2022 devant le tribunal fédéral de Washington. — Jose Luis Magana/AP/SIPA

Quatre jours de procès et trois heures de délibéré : le jury n’a pas traîné. Vendredi, l’ex-conseiller de Donald Trump Steve Bannon a été reconnu coupable de deux charges d’entrave à l’enquête du Congrès sur l’assaut du Capitole devant un tribunal fédéral de Washington. Bannon, qui connaîtra sa peine le 21 octobre, risque entre deux mois et deux ans de prison et jusqu’à 200.000 dollars d’amende. Mais l’ancien stratège de Donald Trump devrait faire appel du verdict coupable d’ici là.

Steve Bannon était jugé pour avoir refusé de témoigner et de fournir des documents à la commission d’enquête parlementaire du Congrès sur les violences du 6 janvier. Cette dernière soupçonne Bannon d’avoir joué un rôle non-officiel pour coordonner la résistance des élus républicains à la certification des résultats, et il a également été en contact avec des organisateurs des manifestations du 6 janvier. Après s’être entretenu avec Donald Trump, il avait lancé, la veille, dans son podcast : « Accrochez vos ceintures, ça va partir en vrille. »

« Ignorer un PV »

Pour les procureurs, l’affaire était simple : la commission du Congrès dispose du pouvoir d’assigner Steve Bannon à comparaître, et son refus revenait à « ignorer un PV ».

Pour justifier son refus, Steve Bannon invoquait le droit des présidents à garder certaines conversations secrètes. Mais le juge a rejeté son argument, relevant que l’architecte de la victoire de Donald Trump en 2016 n’était plus le conseiller du président en janvier 2021. C’est notamment sur cette question du « privilège » de ses conversations que Steve Bannon pourrait baser son appel à venir.