Colombie : Une dirigeante indigène représentera pour la première fois le pays à l'ONU

DIPLOMATIE Dentiste de profession, Leonor Zalabata Torres est aussi écrivaine, chroniqueuse et défenseure des droits humains des indigènes de l’ethnie Arhuaco

20 Minutes avec agences
L’Assemblée générale de l'ONU (illustration).
L’Assemblée générale de l'ONU (illustration). — Lev Radin/PACIFIC PRESS/SIPA

C’est une première pour la Colombie. Une dirigeante indigène et militante des droits humains représentera pour la première fois le pays à l’ONU, a annoncé ce mardi le président élu Gustavo Petro. Leonor Zalabata Torres, une dirigeante de l’ethnie Arhuaco, « sera notre nouvelle ambassadrice à l’ONU à New York », a annoncé sur Twitter le leader de gauche, qui prendra ses fonctions à la tête de l’Etat le 7 août prochain.

Leonor Zalabata Torres, 58 ans, est originaire d’une communauté indigène établie ancestralement dans la Sierra Nevada de Santa Marta, un imposant massif montagneux sur la côte des Caraïbes. Jusqu’ici, seuls des diplomates de carrière ou des membres des élites conservatrices avaient représenté la Colombie à l’ONU.


Une protectrice des droits et de l’identité des indigènes

Dentiste de profession, la nouvelle diplomate est écrivaine, chroniqueuse et défenseure des droits humains des indiens qui vivent dans la Sierra, où abondent les narco-plantations et les groupes armés. Leonor Zalabata Torres a notamment participé au processus de paix qui a permis le désarmement de l’ex-guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) en 2017. Elle avait aussi reçu en 2007 la première bourse Anna Lindh, créée en hommage à la ministre suédoise assassinée en 2003, pour son travail pour la protection des droits, de la culture et de l’identité des Arhuacos.

Dans un entretien à la Blu Radio, elle s’est félicitée d’être la première indigène nommée pour représenter la Colombie à l’ONU, ajoutant vouloir y défendre trois « axes fondamentaux » : « la paix, la justice sociale et la justice environnementale ».