Union européenne : Accord des 27 pour ouvrir des négociations d'adhésion avec l'Albanie et la Macédoine du Nord

NOUVELLES ENTREES Ces négociations s'ouvriront formellement à Bruxelles, mardi

20 Minutes avec AFP
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(Illustration) Le Parlement européen
(Illustration) Le Parlement européen — RAPHAEL LAFARGUE-POOL/SIPA

Deux nouveaux candidats. Les 27 pays membres de l’Union européenne ont donné ce lundi leur accord à l’ouverture de négociations pour intégrer l' Albanie et la Macédoine du Nord, au lendemain de la signature d’un protocole entre Skopje et Sofia levant les derniers obstacles.

Les Vingt-Sept viennent « juste de donner leur accord à l’ouverture de négociations d’adhésion avec l’Albanie et la Macédoine du Nord ! », a tweeté le Premier ministre tchèque t, dont le pays assure la présidence tournante de l’UE. « Nous avons franchi une nouvelle étape importante vers le rapprochement des Balkans occidentaux avec l’UE », a-t-il ajouté, après une réunion sur ce sujet à Bruxelles.


Le Premier ministre albanais Edi Rama et son homologue de Macédoine du Nord Dimitar Kovacevski sont attendus à Bruxelles mardi pour ouvrir formellement ces négociations qui prendront des années.

Des candidatures de longue durée

Le début des négociations a été permis par la signature dimanche par la Bulgarie et la Macédoine du Nord d’un protocole bilatéral, initié par la France qui assurait la présidence tournante de l’UE au premier semestre. Le protocole va permettre, entre autres, que le Macédonien devienne une des langues officielles de l’UE. La Bulgarie bloquait jusqu’à récemment l’ouverture des négociations en raison d’un conflit opposant les deux pays sur une longue liste de sujets historiques et linguistiques.

La Macédoine du Nord avait accédé au statut de candidat à l’entrée dans l’UE il y a près de 20 ans, et elle a déjà dû surmonter d’importants différends l’opposant à la Grèce pour se joindre à l’Otan en mars 2020. La position bulgare empêchait aussi la candidature de l’Albanie, candidate depuis 2014.

Litige langagier

Sous la pression française, le parlement bulgare a accepté le mois dernier de lever son veto en échange de la garantie que la Macédoine du Nord allait remplir certaines exigences sur des points de litige. La question de la langue reste très sensible en Macédoine du Nord, la Bulgarie considérant la langue macédonienne comme un dialecte bulgare, tandis que les deux pays se disputent des événements et des figures historiques, principalement hérités du passé ottoman.

La Macédoine du Nord s’est engagée à modifier sa Constitution pour inclure les Bulgares dans les groupes ethniques reconnus et à mettre en œuvre un traité d’amitié de 2017 visant à éradiquer les discours de haine. La droite nationaliste du VMRO-DPMNE est furieuse et a dénoncé ces derniers jours le compromis et traité Dimitar Kovacevski de « traître ».

Bruxelles insiste sur l’élargissement de l’UE dans les Balkans, l’importance stratégique de la région s’étant accrue dans le contexte de la guerre en Ukraine.