Assaut du Capitole : Début du procès de Steve Bannon, un proche de Trump jugé pour obstruction

JUSTICE L'ancien conseiller de Donald Trump, qui a refusé de répondre à la commission parlementaire qui enquête sur les violences du 6 janvier 2021, risque un maximum de deux ans de prison

20 Minutes avec AFP
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Steve Bannon avec Donald Trump, en 2017. (archives).
Steve Bannon avec Donald Trump, en 2017. (archives). — Evan Vucci/AP/SIPA

Il voulait un spectacle médiatique et faire témoigner des personnalités comme Nancy Pelosi, c’est raté. Jugé pour « entrave aux prérogatives d’enquête du Congrès » sur l’assaut du Capitole, l’ex-conseiller de Donald Trump, Steve Bannon, n’aura droit qu’à un procès express qui a démarré avec la sélection du jury, lundi, et devrait ensuite durer une semaine. En cas de condamnation, il risque entre deux mois et deux ans de prison, mais la procédure pourrait traîner avec un appel potentiel.

Conseiller discret mais très influent, Steve Bannon avait joué un rôle crucial dans l’élection de Donald Trump en 2016, en donnant un virage résolument populiste à sa campagne, avant d’être poussé vers la sortie l’année suivante.

Les deux hommes, restés proches, avaient échangé dans les jours qui ont précédé l’attaque du 6 janvier 2021 contre le siège du Congrès, selon la commission de la Chambre des représentants chargée de faire la lumière sur le rôle de l’ancien président dans ce coup de force. «Accrochez vos ceinture, ça va partir en vrille», avait lancé Bannon sur son podcast, le 5 janvier. Pour connaître la nature de leurs discussions, la commission avait assigné Steve Bannon à témoigner et à produire des documents. Il avait refusé, invoquant le droit des présidents à garder certaines conversations secrètes. Son refus lui a valu d’être inculpé en novembre d'« entrave aux prérogatives d’enquête du Congrès ».

Proposition de témoigner devant le Congrès

A l’approche de son procès, cet homme de 68 ans avait fait volte-face et accepté de coopérer avec les parlementaires. Les procureurs avaient dénoncé « un revirement de dernière minute afin d’éviter » une condamnation et le juge en charge du dossier a souhaité maintenir le procès.

Ses avocats ont également demandé, en vain, un report du procès par crainte que les jurés ne soient influencés par la diffusion des auditions de la commission d’enquête, dont la prochaine est prévue jeudi soir à une heure de grande écoute.

Après plus d’un an d’investigations, celle-ci détaillera la journée du 6 janvier telle que vécue par Donald Trump, « ce qui a été fait et ce qui n’a pas été fait », a expliqué dimanche l’élue démocrate Zoe Lofgren sur la chaîne ABC.

Le républicain est soupçonné de n’avoir rien fait pendant près de trois heures, alors que ses partisans envahissaient le Capitole, semaient la violence et le chaos et forçaient les élus à interrompre la certification de la victoire de Joe Biden à la présidentielle.