Etats-Unis : L’inflation flambe en juin à 9,1 % sur un an, un plus haut depuis 1981

PRIX Les plus gros contributeurs à cette hausse ont été le logement, l’essence et la nourriture, des dépenses au cœur de la vie quotidienne

20 Minutes avec AFP
Des clients d'un supermarché aux Etats-Unis, le 13 juillet 2022.
Des clients d'un supermarché aux Etats-Unis, le 13 juillet 2022. — Stephen Shaver//SIPA

L’indice des prix à la consommation (IPC) continue de flamber aux Etats-Unis. En juin, les prix ont encore augmenté, l'inflation atteignant 9,1 % en raison notamment de l’explosion des tarifs de l’essence.

Cette hausse, la plus forte sur un an depuis novembre 1981, menace la croissance dans la mesure où la consommation est le principal moteur de l’économie du pays. Elle plombe également la popularité de Joe Biden à quelques mois d’une échéance électorale importante avec le renouvellement d’une large partie des élus du Congrès.

L’IPC, qui avait déjà grimpé de 8,6 % en mai sur un an, a bondi en juin encore plus que prévu par les analystes. Sur un mois, l’augmentation s’élève à 1,3 % en juin, contre 1,0 % en mai, selon les chiffres publiés par le département du Travail.

Les républicains taclent Biden

Des républicains n’ont pas manqué de réagir rapidement sur Twitter, le sénateur Marco Rubio accusant par exemple les démocrates de « ne pas se soucier des choses qui comptent pour l’Américain moyen ». Joe Biden a pour sa part reconnu que ces chiffres étaient « trop élevés » et rappelé que la lutte contre l’inflation était sa « priorité ». Mais, a-t-il aussitôt ajouté comme pour se dédouaner, ils sont « obsolètes » car les prix de l'essence ont reculé ces dernières semaines. Cela « devrait apporter un peu de répit aux familles américaines », a-t-il avancé.

Les consommateurs avaient accumulé d’importantes économies pendant la pandémie de Covid-19, grâce notamment à de substantielles aides de l’Etat et à des dépenses limitées par les mesures de confinement. Mais la forte reprise de la demande l’an dernier, combinée aux problèmes sur les chaînes d’approvisionnement, ont nourri une inflation élevée, qui s’est aggravée avec la flambée des prix de l’énergie déclenchée par la guerre en Ukraine​.

+10,4 % sur un an pour les prix alimentaires

La hausse des prix en juin a concerné tous les secteurs. Mais les plus gros contributeurs à cette hausse ont été le logement, l’essence et la nourriture. Les prix de l’énergie notamment ont augmenté de 41,6 % sur un an, enregistrant leur plus forte hausse depuis avril 1980. Quant aux prix alimentaires, ils ont connu leur plus forte progression depuis février 1981, augmentant de 10,4 % sur un an.

En excluant les prix de l’alimentation et de l’énergie, plus volatils, l’inflation dite sous-jacente, s’est un peu accélérée sur un mois, à +0,7 %. Mais elle s’est assagie sur un an pour le troisième mois de suite, à +5,9 %. Les locations de vacances et les billets d’avion font partie des rares biens et services à avoir reculé en juin.

La Banque centrale américaine (Fed) ne devrait donc pas assouplir sa politique actuelle. Elle a commencé en mars à augmenter les taux d’intérêt de manière agressive pour freiner la demande et calmer cette hausse des prix. Elle les a même rehaussés de trois quarts de point en juin, sa plus forte augmentation depuis 1994. Ces taux, qui donnent le ton pour les crédits accordés aux particuliers et entreprises, se situent désormais dans une fourchette comprise entre 1,50 % et 1,75 %.