Démission de Boris Johnson : De Liz Truss à Rishi Sunak... Qui pour remplacer le Premier ministre ?

SUCCESSION Au total, les instances du parti conservateur anticipent une quinzaine de candidatures à la succession de Bojo, un afflux qui laisse présager un été électrique à Downing Street

M.P. avec AFP
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Penny Mordaunt, Rishi Sunak et Liz Struss, trois concurrents à la succession de Boris Johnson au Royaume-Uni.
Penny Mordaunt, Rishi Sunak et Liz Struss, trois concurrents à la succession de Boris Johnson au Royaume-Uni. — Montage Canva

La cheffe de la diplomatie Liz Truss s’est lancée dimanche soir dans la course à la succession du Premier ministre britannique Boris Johnson, dans une campagne marquée par le débat sur la politique fiscale et qui s’annonce particulièrement âpre. La campagne pour succéder Bojo s'annonce également très ouverte, comptant au total 11 concurrents. Voici les principaux favoris dans la course à Downing Street qui laisse augurer un été électrique, avec son lot de révélations et de boules puantes.

Rishi Sunak

L’ancien Chancelier de l’Echiquier, qui a démissionné avec fracas de son poste la semaine dernière, a été le premier poids lourd à se lancer dans la course. Alors que la compétition commence à peine, il figure parmi les grands favoris pour prendre la succession de BoJo, lui qui avait perdu du terrain en raison de sa fortune et des arrangements fiscaux de sa richissime épouse, mal vus en pleine crise du pouvoir d’achat.


Rishi Sunak, dont les grands-parents ont émigré du nord de l’Inde au Royaume-Uni dans les années 1960, a été analyste chez Goldman Sachs, puis employé dans des fonds spéculatifs. Il a été élu député en 2015. Il est le premier hindou à avoir été ministre des Finances. Ce défenseur du Brexit âgé de 42 ans est devenu en 2020 ministre des Finances mais a été critiqué pour son action insuffisante contre l’envolée des prix.

Liz Truss

Son franc-parler et sa volonté de s’immiscer dans les guerres culturelles ont rendu la ministre des Affaires étrangères Liz Truss plutôt populaire auprès de la base des Tories. Liz Truss, 46 ans, s’est vu confier ce poste délicat en récompense de son travail en tant que ministre du Commerce international. A ce poste, cette championne du libre-échange, qui avait voté en faveur d’un maintien dans l’Union européenne avant de changer de camp, a conclu une série d’accords commerciaux post-Brexit.

Sa ligne dure concernant l’invasion de l’Ukraine ou ses menaces de se détacher de l’accord avec l’UE concernant l’Irlande du Nord plaisent à certains conservateurs. Déjà forte du soutien public de plusieurs députés, elle s’est déclarée dimanche soir dans les colonnes du Daily Telegraph.


Penny Mordaunt

Actuellement secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, Penny Mordaunt, 49 ans, a été une figure de la campagne en faveur du Brexit en 2016 et oeuvre depuis à négocier des accords commerciaux. Elle a été la première femme à devenir ministre de la Défense en mai 2019. Elle quitte ce poste à l’arrivée de Boris Johnson au pouvoir.

Cette réserviste de la Royal Navy, qui a annoncé dimanche sa candidature, est considérée comme une bonne oratrice. Elle est récemment montée en popularité parmi les conservateurs et est vue comme une option sérieuse pour remplacer le Premier ministre. Elle s’est déclarée dimanche.

Sajid Javid

Candidat déclaré depuis samedi soir, le ministre de la Santé a été le premier à quitter le gouvernement mardi. Il avait déjà démissionné en 2020 de son poste de ministre des Finances. Sajid Javid, 52 ans, a voté en 2016 pour rester dans l’Union européenne mais s’est ensuite rallié à la cause du Brexit. Il est le fils d’un chauffeur de bus immigré pakistanais et est devenu banquier de renom avant de faire de la politique.


Nadhim Zahawi

Le tout nouveau ministre des Finances est respecté parmi les Britanniques après le succès de la campagne de vaccination anti-Covid qu’il avait supervisée. Né à Bagdad de parents kurdes en juin 1967, il a immigré au Royaume-Uni à l’âge de neuf ans. Il a fondé la société d’études de marché YouGov en 2000, en a démissionné dix ans plus tard pour se lancer en politique et a été élu député.

Il avait été nommé en septembre 2021 ministre de l’Education. Sa candidature a été annoncée samedi.

Jeremy Hunt

Ancien ministre des Affaires étrangères et de la Santé, Jeremy Hunt, 55 ans, a perdu face à Boris Johnson lors de l’élection en 2019 pour la direction du parti. Camarade de Boris Johnson et de David Cameron à l’Université d’Oxford, Jeremy Hunt, qui a enseigné l’anglais au Japon, est l’une des rares personnalités à avoir ouvertement défié le Premier ministre lors du vote de défiance le mois dernier. Il est cependant jugé peu charismatique. Il a annoncé sa candidature samedi.

Les autres concurrents, dont les chances de succès apparaissent bien moindres, sont le ministre des Transports Grant Shapps, le président de la commission des Affaires étrangères Tom Tugendhat, ainsi que l’attorney general – chargée de conseiller juridiquement le gouvernement – Suella Braverman, et l’ex-secrétaire d’Etat à l’Egalité Kemi Badenoch. Dernier arrivé dans la course, le député Rehman Chishti, quasi-inconnu du grand public.

Au total, les instances du parti anticipent une quinzaine de candidatures, un afflux qui laisse présager un relèvement des seuils en termes de parrainages ou de nombre de votes dans la première partie du processus. Mais Geoffrey Clifton-Brown, trésorier du Comité 1922, chargé de l’organisation interne du parti, s’est dit « confiant » dimanche sur la radio LBC que les deux finalistes soient connus d’ici le 20 juillet.

Le calendrier plus précis est attendu ce lundi, pour une possible clôture des candidatures dès mardi, selon le Sunday Telegraph. L’objectif évoqué est de faire en sorte que le vote final, ouvert uniquement aux adhérents du parti conservateur, permette de désigner le vainqueur d’ici au début du mois de septembre.