Benjamin Netanyahou campe sur ses positions

Sophie Cois

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Mais son discours n'a pas apporté d'avancée majeure. Benjamin Netanyahou s'est dit prêt à la création d'un Etat, uniquement si son pays reçoit « des garanties sur la démilitarisation et si les Palestiniens reconnaissent Israël comme l'Etat du peuple juif ». Réponse de l'Autorité palestinienne : « Ce discours torpille toutes les initiatives de paix dans la région. » Le président Barack Obama, lui, s'est félicité de « l'important pas en avant » et « travaillera avec les deux parties ».

Benjamin Netanyahou, qui s'exprimait à l'université de Bar Ilan, près de Tel-Aviv, devait évoquer sa vision de la paix au Proche-Orient en réponse au discours du Caire du président américain. Le Premier ministre israélien a d'abord rappelé qu'un Iran doté de l'arme nucléaire constituerait la plus grande menace pour Israël et le monde. Il a ensuite brièvement parlé de la crise économique, avant d'aborder la question d' « un chemin pour la paix ». « Je ne veux pas la guerre, personne à Israël ne veut la guerre », a-t-il déclaré, appelant « les dirigeants palestiniens à reprendre immédiatement des discussions de paix sans conditions préalables ». Malgré les demandes des Etats-Unis d'un gel total de la colonisation en Cisjordanie, Netanyahou a expliqué qu'il « fallait permettre aux habitants des implantations de vivre normalement », excluant ainsi l'arrêt des constructions dans les colonies existantes. Des représentants des implantations en Cisjordanie occupée ont réagi en déplorant « que le Premier ministre ait donné son accord à la constitution d'un Etat palestinien démilitarisé ». Le Hamas, le mouvement islamiste palestinien qui contrôle la bande de Gaza, a réagi en dénonçant l'idéologie « raciste et extrémiste » du Premier ministre. Selon Denis Bauchard, de l'Institut français des relations internationales : « Netan­yahou n'a pas répondu au discours d'Obama. Il n'y a pas eu d'ouverture. » W