Asie : Depuis la Thaïlande, le secrétaire d’Etat américain promet de maintenir la pression sur la junte birmane

AVERTISSEMENT Après un déplacement à Bali, Antony Blinken était dimanche à Bangkok. Il est depuis ce lundi au Japon pour y présenter ses condoléances après l’assassinat de Shinzo Abe

20 Minutes avec AFP
Le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, à Bangkok le 10 juillet 2022.
Le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, à Bangkok le 10 juillet 2022. — Stefani Reynolds/AP/SIPA

Le pouvoir en Birmanie reste dans le viseur des Etats-Unis. En visite dans la Thaïlande voisine, Antony Blinken a promis dimanche de ne pas relâcher la pression sur la junte birmane. Le secrétaire d’État américain a en outre estimé que la Chine devrait être d’accord avec cette ligne.

Lors d’une réunion tenue hors caméra pour protéger leurs familles, le chef de la diplomatie américaine a écouté de jeunes militants pour la démocratie en Birmanie, dont les militaires ont renversé le gouvernement civil en février 2021, claquant la porte d’une décennie de transition démocratique soutenue par Washington. Même s’il accorde la priorité à la lutte contre l’invasion de l'Ukraine par la Russie, il s’est engagé à maintenir la pression sur la Birmanie.

Dans sanctions sans effets

Antony Blinken a toutefois reconnu que la stratégie américaine, qui comprend des sanctions contre la junte, n’a donné aucun résultat pour le moment. « Nous continuons à assister à la répression du peuple birman », a-t-il déclaré. « Nous continuerons à chercher les moyens par lesquels nous, et d’autres pays, pouvons faire pression sur (les militaires) pour qu’ils reprennent le chemin de la démocratie ». « Je pense que tous les pays de l’ASEAN doivent demander des comptes au régime », a-t-il ajouté.

En avril de l’année dernière, l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) est parvenue à un « consensus en cinq points » avec la junte birmane, qui avait pris le pouvoir deux mois plus tôt, comprenant des appels au dialogue avec l’opposition.

Le secrétaire d’État américain a par ailleurs refusé de critiquer la récente visite en Birmanie du ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, avec qui il s’est entretenu pendant 5 heures samedi à Bali, mais a appelé Pékin à soutenir les appels internationaux à la démocratie. « Je pense qu’il incombe également à la Chine et qu’il est dans l’intérêt de la Chine de voir la Birmanie reprendre le chemin sur lequel elle était engagée et dont elle a été si violemment écartée par le coup d’État ».

La démocratie qualifiée d'« essentielle »

Par contre en Thaïlande, le plus ancien allié des Etats-Unis en Asie, Antony Blinken a rencontré le Premier ministre Prayut Chan-O-Cha, arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en 2014, déclenchant des sanctions américaines. Prayut est devenu chef du gouvernement lors des élections de 2019, qui ont inauguré un retour progressif à un discours politique plus ouvert. Dans une déclaration conjointe signée par Blinken et le ministre des Affaires étrangères Don Pramudwinai, les États-Unis et la Thaïlande ont qualifié la démocratie d'« essentielle ».

Abordant une question hautement prioritaire pour l’administration Biden, le communiqué indique que Washington et Bangkok promouvront des « sociétés ouvertes et inclusives » pour les personnes LGBTQ. Antony Blinken a également félicité la Thaïlande d’avoir adhéré au projet du président Biden visant à promouvoir les énergies vertes en Asie du Sud-Est, via des investissements privés de 2,7 milliards de dollars dans le pays.