IVG : Vers l'inclusion de l'avortement dans les droits fondamentaux de l'UE ?

DROITS DES FEMMES Le Parlement européen demande que le droit à l'avortement soit inscrit dans la charte des droits fondamentaux de l'UE après sa remise en cause aux Etats-Unis

20 Minutes avec AFP
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Une brochure d'information sur l'IVG.
Une brochure d'information sur l'IVG. — DURAND FLORENCE

Le Parlement européen a demandé, ce jeudi, l’inclusion de l’avortement dans les droits fondamentaux de l’ Union européenne. « Toute personne a le droit de bénéficier d’un avortement sûr et légal » : par 324 voix (155 contre, 38 abstentions), les eurodéputés, réunis en session plénière à Strasbourg, ont décidé de demander au Conseil, qui représente les Etats membres, d’inscrire ce droit dans la charte des droits fondamentaux.

Inclure l’avortement dans les droits fondamentaux nécessite toutefois l’unanimité des pays membres, selon les traités actuels de l’UE. Or ce sujet de société divise les Vingt-Sept. C’est pourquoi, les eurodéputés ont également demandé au Conseil « qu’il se réunisse pour discuter d’une convention permettant de réviser les traités » afin de remettre en cause la règle de l’unanimité.

Ferme condamnation du « recul des droits des femmes »

Cette demande est accompagnée d’une nouvelle ferme condamnation par le Parlement européen du « recul des droits des femmes et de la santé et des droits sexuels et génésiques aux Etats-Unis et dans certains Etats membres ». Pour rappel, la Cour suprême des Etats-Unis a décidé, le 24 juin, de laisser le choix à chaque Etat concernant la légalité ou non de l’avortement. Certains ont déjà supprimé ce droit, même en cas de viol ou d’inceste. Une décision qui scandalise plusieurs pays, parmi lesquels l’Hexagone.

Cette carte montre le statut légal de l'interruption volontaire de grossesse (IVG) dans le monde en 2022
Cette carte montre le statut légal de l'interruption volontaire de grossesse (IVG) dans le monde en 2022 - STATISTA

En France, plusieurs responsables politiques réclament depuis l’inscription de ce droit dans la Constitution. Et avant le coup de tonnerre provoqué par la décision de la Cour suprême américaine, Emmanuel Macron, qui prenait alors la présidence tournante de l’UE, avait en janvier déjà souhaité inscrire le droit à l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux.