Effondrement d’un glacier en Italie : Aucune trace de vie repérée par les secours

MONTAGNE Trois des sept alpinistes tués ont été identifiés, mais les secours n’ont pu détecter aucune trace de vie sous l’avalanche malgré les importants moyens déployés. Cinq personnes sont encore portées disparues

David Blanchard
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Un hélicoptère participant aux secours sur la Marmolada, dont le glacier s'est partiellement effondré le 3 juillet 2022. (Photo by Tiziana FABI / Teyssot / AFP)
Un hélicoptère participant aux secours sur la Marmolada, dont le glacier s'est partiellement effondré le 3 juillet 2022. (Photo by Tiziana FABI / Teyssot / AFP) — AFP

Aucune trace de vie. Sous la masse de roche et de neige, ce sont des morceaux de corps, des bagues et des tatouages qui ont été retrouvés pour l’instant. Ils vont servir à identifier les victimes. Les macabres recherches se sont poursuivies mardien Italie sur les pentes de la Marmolada, dans les Alpes, deux jours après l’effondrement d’une partie de son glacier fragilisé par le changement climatique et des températures record.

La catastrophe a pour le moment fait sept morts et huit blessés, dont un est sorti mardi de l’hôpital. Le nombre de personnes portées disparues par leurs proches, mais dont la présence au moment où le glacier a rompu n’est pas confirmée à ce stade, est passé mardi d’une douzaine à cinq, toutes de nationalité italienne. Parmi les blessés, deux Allemands, un homme de 67 ans et une femme de 58 ans, se trouvent toujours dans un état grave.

Les secouristes ont déployé des drones équipés de caméras thermiques et des hélicoptères pour survoler la zone mais ils espèrent être en mesure de retourner à pied sur le glacier à partir de mercredi.

La conséquence du réchauffement climatique

Pendant ce temps, le travail d’identification des alpinistes ayant péri sur la Marmolada, plus haut sommet des Alpes italiennes, se poursuit. « Les découvertes importantes, pas seulement des os, sont d’abord photographiées, puis récupérées et prises en charge par un hélicoptère » et acheminées à Canazei où elles sont « répertoriées et stockées dans une chambre froide », a précisé Maurizio Dellantonio, citant notamment « des os avec des bouts de chair, un morceau de main avec une bague, des tatouages, tout ce qui peut contribuer à identifier une personne », y compris des chaussures, des sacs à dos ou des piolets.

Des techniciens spécialisés sont, en outre, mobilisés pour installer près d’un refuge « des radars en mesure de détecter des mouvements très rapides, comme des avalanches, et plus lents, comme des glissements de terrain », a indiqué sur place Nicola Casagli, professeur de géologie appliquée à l’université de Florence cité par l’agence AGI.

La catastrophe, survenue au lendemain d’une température record de 10°C au sommet du glacier, en pleine vague de chaleur précoce sur la péninsule italienne, « symbolise les tragédies si nombreuses que le changement climatique non maîtrisé entraîne dans tant de régions du monde », a commenté mardi le président italien Sergio Mattarella.

Trois alpinistes décédés identifiés

Seuls trois des sept alpinistes tués ont été identifiés, mais leur nationalité n’a pas été dévoilée par les autorités italiennes. Le ministère tchèque des Affaires étrangères a néanmoins confirmé que deux de ses ressortissants figuraient parmi eux.

Le parquet de Trente a ouvert une enquête pour déterminer les causes de cette tragédie. Certaines familles accusent les autorités d’avoir laissé le glacier ouvert alors que les conditions d’ascension étaient manifestement périlleuses.

La Marmolada, surnommée « la reine des Dolomites », est le plus grand glacier de ce massif montagneux du nord de l’Italie, faisant partie des Alpes.