Procès Stern: Cécile Brossard, personnalité «borderline» au QI limité

JUSTICE L'expertise psychiatrique a tenté d'expliquer ce qui a pu mener l'accusée à abattre son amant de quatre balles dans le corps...

J.M. avec agence

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Cécile Brossard était la maitresse 
du banquier français Edouard Stern.
Cécile Brossard était la maitresse du banquier français Edouard Stern. — SIPA

Pour les psychiatres, ce serait un «crime d'amour». C'est la conclusion de l'expertise concernant Cécile Brossard, exposée, au deuxième jour de son procès, devant la Cour d'assises de Genève, qui décrit l'accusée comme une personnalité «borderline». Ce «point de vue est purement psychiatrique. Je n'ai pas fait ce diagnostic au sens pénal. Je ne me prononce pas sur ce point», a cependant insisté le professeur Jacques Gasser.

Pour l'expert psychiatrique, Cécile Brossard croit «que le fait de tuer quelqu'un permet d'avoir une relation éternelle avec cette personne». «Elle parle des "coucous" d'Edouard (Stern). C'est assez glaçant: pour elle, c'est une sorte de victoire, elle garde une relation avec lui au-delà de la mort, éternellement», a-t-il exposé à la barre.

Attouchements et viol dans l'enfance


L'accusée, aujourd'hui âgée de 40 ans, aurait donc une personnalité limite «depuis l'enfance» avec un QI de 80, «à la limite inférieure de la norme», a indiqué l'expert, qui a évoqué une «diminution de la responsabilité, au maximum légère». Cécile Brossard a eu «une enfance plutôt malheureuse» avec des parents très tôt séparés.

Sa mère, dépressive et suicidaire a même tenté de l'entraîner avec elle dans la mort, tandis que le père avait une sexualité exhibitionniste et aurait pratiqué des attouchements sur sa fille. Elle a également été violée par un oncle maternel, rappelé le psychiatre.

L'élément déclencheur


«Pour elle, l'abandon et la solitude sont beaucoup plus difficiles à vivre que pour les autres personnes», a expliqué l'expert, affirmant que, jusqu'au jour du meurtre, elle était dans «le déni» et ne voulait pas admettre que la rupture était inéluctable. Un mécanisme de défense qui a tenu jusqu'au 28 février, soir où elle a abattu Edouard Stern de quatre balles dans le corps.

Cécile Brosssard aurait alors eu une brusque prise de conscience, et aurait commis l'irréparrable. «L'acte n'est pas réfléchi», mais il a fallu un «élément déclencheur», avance le professeur Gasser. Selon lui, ce déclencheur pourrait être la phrase «un million de dollars, c'est cher pour une pute !...», que le banquier aurait prononcée en évoquant la somme versée sur le compte de sa maîtresse puis bloquée.