Non, Google Earth et Google Street View ne viennent pas en aide aux cambrioleurs

INTERNET Les polémiques autour des deux logiciels se multiplient...

Oriane Raffin

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La Chine a averti mardi que les portails internet étrangers qui voulaient fonctionner dans le pays devaient se soumettre à la loi chinoise, censure ou pas.
La Chine a averti mardi que les portails internet étrangers qui voulaient fonctionner dans le pays devaient se soumettre à la loi chinoise, censure ou pas. — Fredric J. Brown AFP/Archives

Ce lundi, un article du site leparisien.fr décrivait un cambriolage ayant eu lieu à Barvikha, une banlieue huppée de Moscou. Les voleurs auraient effectué leurs repérages depuis le site Internet Google Earth. Il n’en fallait pas moins pour attiser l’inquiétude des médias autour de ce logiciel de géolocalisation et de son petit frère Google Street View, qui permet d’obtenir des images des rues de nos villes.

La firme américaine se défend. «Les photos fournies sur Google Earth sont des images déjà existantes, qu’on peut trouver ailleurs, explique-t-on chez Google France. En plus, elles ne sont absolument pas diffusées en temps réel: elles ont au moins 18 mois d’ancienneté! Quant à Google Street View, toutes les vues de nos villes proposées sur le site sont prises sur la voie publique, donc tout le monde peut les voir.»
 
Jean-Marc Manach, journaliste et auteur du blog Bug Brother, corrobore ces informations. «Concrètement, si on compare la masse d’utilisateurs avec le nombre de problèmes, c’est totalement insignifiant. Il y a un véritable emballement médiatique, pour fustiger ces nouvelles technologies. Si on faisait un article à chaque accident sur les routes pour dénoncer les voitures, cela n’aurait rien à voir...»
 
Evidemment, il reste des incidents, parfois anecdotiques, qui prêtent à sourire le plus souvent. En Grande-Bretagne, par exemple, un homme repérait les tuiles en plomb sur les toits pour aller les dérober... «Les cambrioleurs ne mènent pas l’enquête sur Internet, ils ont autre chose à faire», explique Jean-Marc Manach. «En fait, c’est plutôt dangereux pour les personnes qui n’ont pas déclaré leur piscine par exemple, et qui donc devraient être soumis à une autre fiscalité...»    

«Etre habitués à la société de surveillance»

Le phénomène Google Street View n’est néanmoins pas exempt de tout danger. «Ce qui me gêne plus, explique le journaliste, c’est que nous sommes de plus en plus habitués à vivre de façon transparente: cela nous habitue à la société de surveillance.»
 
Et cette société de surveillance ne plaît pas à tout le monde. On se souvient par exemple de ces habitants de Broughton, en Grande-Bretagne, qui s’étaient attaqués à la voiture prenant des photographies pour Google Street View.
 
Pour ceux qui ne sont pas rassurés ou refusent cette société de surveillance, Google Street View, qui floute déjà les visages et les plaques d’immatriculation, offre la possibilité «d’effacer» sa maison du logiciel. Pour se faire, il suffit de se rendre sur le site, et de cliquer sur «signaler un problème», en bas de l’image. Paul Mc Cartney, l’ex-Beatles, aurait ainsi demandé le retrait des clichés montrant son domicile londonien...