Grippe A (H1N1): L'OMS déclenche le niveau 6 et annonce une deuxième vague

SANTE La France, elle, reste au niveau 5 pour le moment...

Julien Ménielle avec agence

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Les six niveaux d'alerte pandémique de l'OMS.
Les six niveaux d'alerte pandémique de l'OMS. — Idé
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a relevé son niveau d'alerte sur la grippe A (H1N1) au niveau maximal de 6, signifiant une pandémie, annonçant officiellement la première pandémie du siècle. Celle-ci a été qualifiée de «modérée» par l'organisation, qui a toutefois prévenu que les pays ayant connu une activité importante du virus doivent s'attendre à une deuxième vague, et que le virus «va circuler dans le monde entier pendant un à deux ans». Aucune restriction de mouvement des personnes, des biens et des services n'a été recommandée pour l'instant.

L'OMS a demandé aux laboratoires de «s'atteler rapidement» à la production de vaccin contre le virus A (H1N1), «dès qu'ils terminent la production de vaccin contre la grippe saisonnière». Les producteurs de vaccin «sont très près de terminer leur production de vaccin contre la grippe saisonnière. Ils sont prêts à démarrer la production à plein régime de vaccin pandémique», a-t-elle assuré à la presse.


La France ne relève pas son niveau d'alerte

Un niveau d'alerte qui ne concerne pas la France, selon le centre de gestion opérationnelle de la crise contacté par 20minutes.fr. «La situation en France est indépendante des décisions de l'OMS», a expliqué un porte-parole, qui annonce que le pays reste en niveau 5A. Une information confirmée par la suite par
Roselyne Bachelot.

«On en est encore au stade de la prévention», a indiqué le porte-parole à 20minutes.fr. Seuls les voyageurs en provenance du Royaume-Uni, où l'épidémie a connu une forte progression, font l'objet d'une attention particulière dans les gares, les ports ou les aérogares.

Des mesures mises en place «au cas par cas»

«Avec 73 cas répertoriés de grippe A, la France peut rester au niveau 5A, mais nous prendrons la décision formellement demain», a expliqué la ministre. Selon elle, l'avis de l'OMS indique que «chaque pays prend les mesures nécessaires», mais «cela n'implique pas que chaque pays passe au niveau 6».

Fin avril, déjà, la France avait tardé à passer du niveau 4A au niveau 5A de son plan national alors que l'OMS était déjà passé au niveau 5.
Ce qui n'avait de toute façon pas changé grand chose au quotidien, la mise en place des mesures n'étant pas automatique, mais examinée «au cas par cas» par la cellule interministérielle de crise (CIC).

De son côté, la Fédération internationale de la Croix-Rouge (FICR) a sonné le rappel, en annonçant dans un communiqué que la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge «doivent être mobilisées à travers le monde entier et se préparer à répondre» à la pandémie de grippe porcine. La fédération souligne notamment l'importance de réunir des fonds, car «elle est encore loin d’être parvenue à réunir l’argent nécessaire pour répondre aux besoins détaillés dans l’appel préliminaire de 5 millions de francs suisses (3,3 millions d'euros) lancé le 30 avril».

Une annonce préparée


L'OMS avait réuni ce jeudi son comité d'urgence dont les experts afin de prendre une décision, compte tenu de la propagation du virus A(H1N1) qui a contaminé près de 28.000 personnes sur la planète. La veille, un expert français avait déjà franchi le pas sans attendre, assurant que «la pandémie est là».

Depuis dix jours, l'OMS a préparé activement le terrain à cette annonce, déjà plusieurs fois évoquée, d'une pandémie. Mardi, le numéro 2 de l'organisation, Keiji Fukuda, a indiqué que la décision était liée à des preuves que le virus A(H1N1) se propageait bien localement dans une région autre que le continent américain, critère géographique retenu pour déclencher la phase 6.

Pas de panique

La directrice générale de l'OMS, Margaret Chan, avait donc convié mercredi les ministres de la Santé des huit pays les plus affectés à une téléconférence «pour tenter de voir s'ils ont des preuves incontestables de transmission locale». C'est sur la base des informations ainsi collectées que le comité d'experts s'est décidé, alors que de nombreux spécialistes hors de l'organisation estimaient déjà que l'annonce de la pandémie était justifiée.

«Nous ne voulons pas que les gens cèdent à la panique de manière excessive», a expliqué Keiji Fukuda, arguant que «passer en phase six (signifie) que la propagation (du virus) continue... mais ne signifie pas que la gravité de la maladie a augmenté». Récemment, Pierre Saliou, épidémiologiste et président de la Société de pathologie exotique, confiait à 20minutes.fr que «relever l'alerte au niveau 6 ne changera pas grand chose dans les faits». «Rien ne va changer pour le moment», a confirmé ce jeudi le centre de gestion opérationnelle de la crise.

Le virus pourrait s'inviter au bureau

L'Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset) a cependant recommandé ce jeudi, en cas de circulation du virus de la grippe (niveau d’alerte 6), d'éviter les rassemblements dans les bureaux et d'inviter les personnes potentiellement contaminées à ne pas fréquenter les bâtiments publics et les immeubles de bureau.

A défaut, l'Afsset recommande de respecter «une distance de sécurité d’au moins 2 mètres entre chaque personne». Quant à la ventilation, l'organisme conseille de maintenir l’apport d’air extérieur et d'arrêter le recyclage si le bâtiment collectif est doté d'une climatisation centralisée. La cellule interministérielle de crise doit cependant se réunir vendredi matin en France, mais n'envisagerait pas de prendre ce type de mesures dans l'immédiat.