Irlande du Nord : La France « préoccupée » sur la mise en œuvre du protocole post-Brexit

INQUIETUDE Les députés britanniques ont adopté une révision unilatérale du traité, malgré les mises en garde de Bruxelles

20 Minutes avec AFP
— 
Catherine Colonna, ministre des Affaires étrangères
Catherine Colonna, ministre des Affaires étrangères — Jacques Witt/SIPA

La ministre française des Affaires étrangères a exprimé vendredi, lors d’une rencontre avec son homologue britannique à Paris, sa « préoccupation » au sujet de la mise en œuvre du protocole nord-irlandais, dont Londres entend, unilatéralement, modifier certains points.

Catherine Colonna a fait part à Liz Truss de « son souhait d’une solution durable, dans le respect de l’accord signé entre l’Union européenne et le Royaume-Uni », a indiqué la porte-parole du Quai d’Orsay lors d’un point presse électronique.

L’épineux problème de la frontière

Négocié entre Londres et Bruxelles dans le cadre du Brexit, le protocole nord-irlandais a été conçu pour tenter de résoudre l’épineux problème de la frontière entre l’Irlande du Nord, qui fait partie du Royaume-Uni, et la République d’Irlande, membre de l’Union européenne.

Il a été signé pour protéger le marché unique européen après le Brexit sans provoquer le retour d’une frontière dure et préserver ainsi la paix conclue en 1998 avec l’accord du Vendredi saint, après trois décennies de troubles sanglants entre unionistes et républicains.

Mises en garde de Bruxelles

Dans ce but, le protocole a instauré une frontière douanière en mer d’Irlande. Mais cette situation perturbe les approvisionnements et sème la colère dans la communauté unioniste attachée au maintien au sein du Royaume-Uni. Après avoir menacé d’outrepasser ce traité international qu’il a négocié et signé, le gouvernement du Premier ministre britannique Boris Johnson a choisi de légiférer pour le modifier unilatéralement.

Lundi, les députés britanniques ont adopté en première lecture une révision unilatérale des dispositions douanières en Irlande du Nord, en dépit des mises en garde de Bruxelles qui a prévenu qu’une telle mesure justifierait des représailles commerciales.

Le gouvernement de Boris Johnson « continue de faire sur le Brexit la campagne électorale après la campagne électorale », estime une source diplomatique française, qui prévient qu’aucun Etat membre de l’Union européenne n’acceptera de rouvrir les négociations. « Il faut dire les choses. C’est une très mauvaise méthode de négociation de faire ce type de forcing », a dit cette source.