Emirats arabes unis : Amazon accepte de retirer les produits LGBT de ses résultats de recherche

RESTRICTION Ce n'est pas la première fois que le géant américain de la vente en ligne cède aux pressions d'un gouvernement

avec agence
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Le drapeau LGBT
Le drapeau LGBT — STR/NEWSCOM/SIPA

Alors que l’homosexualité est toujours considérée comme un crime aux Emirats arabes unis, Amazon a accepté lundi de supprimer de ses résultats de recherche près de 150 mots-clés renvoyant à des produits LGBT. Le géant américain de la vente en ligne semble ainsi avoir cédé sous la pression du gouvernement émirati, rapporte BFMTV.

Selon les informations du New York Times, le gouvernement des Émirats arabes unis a en effet menacé la plateforme de sanctions si elle ne se soumettait pas à ses exigences avant ce vendredi. « Nous devons nous conformer aux lois et réglementations locales des pays dans lesquels nous opérons », a expliqué une porte-parole du groupe dans un communiqué de presse. Elle a tout de même tenu à rappeler que l’entreprise était « attachée à la diversité, à l’équité et à l’inclusion ».

Plus de drapeaux, de livres, d’arc-en-ciel

Depuis lundi, il n’est donc plus possible de trouver sur Amazon, depuis les Emirats arabes unis, des drapeaux LGBT, des broches avec l’inscription « queer » ou encore des coques d’iPhone aux couleurs de l’arc-en-ciel. Certains livres évoquant l’homosexualité ont également disparu de la plateforme. Ce n’est pas la première fois que le géant américain cède aux exigences d’un pays. Comme l’avait dévoilé Reuters, Amazon s’était déjà plié aux exigences du gouvernement chinois. Alors que des avis négatifs avaient été publiés au sujet d’un livre réunissant les discours du président Xi Jinping, la plateforme avait accepté de retirer les commentaires et les notes de ses clients.

Amazon ne fait pas figure d’exception dans ce domaine. Plusieurs géants de la tech acceptent de faire des compromis afin d’assurer leur développement à l’étranger et ainsi, conserver leur position sur les marchés. À l’image de Netflix, qui a déjà accepté de retirer et censurer certains de ses contenus en Arabie saoudite ou au Vietnam. En 2017, Amazon avait déjà investi 580 millions de dollars aux Emirats arabes unis avec le rachat de la plateforme Souq.com. En mai 2021, l’entreprise avait annoncé son intention d’y ouvrir prochainement des data centers. D’où l’intérêt donc de se conformer aux exigences du gouvernement émirati.