Malte : Plus de 130 médecins déposent un recours contre l’interdiction d’avorter

JUSTICE L’interdiction de l’avortement « empêche les médecins de fournir des soins immédiats et opportuns », estiment les professionnels

20 Minutes avec agences
Plus de 130 médecins maltais ont déposé un recours contre l'interdiction d'avorter (illustration).
Plus de 130 médecins maltais ont déposé un recours contre l'interdiction d'avorter (illustration). — DarkoStojanovic / Pixabay

Quelque 135 médecins maltais ont déposé lundi un recours juridique contre l’interdiction de l’avortement dans cette petite île, où les femmes risquent jusqu’à trois ans de prison en cas d’IVG. Déposé, entre autres, contre le Premier ministre et le ministre de la Santé, le recours demande la suppression d’un article du Code pénal prévoyant jusqu’à quatre ans de prison et l’interdiction à vie d’exercer pour les médecins pratiquant des avortements.

Cette disposition du Code pénal « empêche les médecins de fournir des soins immédiats et opportuns, et ce retard met en danger la vie et la santé des femmes enceintes », peut-on lire dans le document. Les médecins à l’origine du recours espèrent maintenant un procès pour plaider leur cause. Selon l’ONG Doctors for Choice, qui milite pour la légalisation de l’avortement, ils représentent environ 5 % des médecins de l’île méditerranéenne.


Un récent cas qui a suscité des protestations

Leur démarche intervient environ une semaine après qu’un hôpital maltais a refusé de faire avorter une touriste américaine souffrant de complications liées à sa grossesse. L’incident a suscité des protestations à Malte et attiré l’attention internationale sur les lois de ce pays majoritairement catholique, le seul de l’Union européenne interdisant complètement les avortements.

Andrea Prudente, 38 ans, y était en vacances lorsqu’elle a perdu les eaux après un fort saignement durant sa 16e semaine de grossesse. Le bébé n’avait aucune chance de survivre, mais les médecins ont refusé d’intervenir. Son mari, Jay Weeldreyer, a déclaré que les médecins attendaient qu’elle fasse une fausse couche naturelle, que les battements de cœur du bébé s’arrêtent ou « qu’elle ait une infection potentiellement mortelle » qui les inciterait à agir. Préoccupé par le risque de septicémie, le couple a finalement été transporté par avion en Espagne, où la femme a reçu un traitement, selon Jay Weeldreyer.