Royaume-Uni : Des milliers de microtravailleurs exploités gagnent moins de 5 euros de l’heure

ENQUETE Le directeur de recherche de cette étude a appelé le gouvernement à pointer du doigt les entreprises qui, en les payant si peu, exploitent des milliers de microtravailleurs dans le pays

20 Minutes avec agence
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Illustration d'un homme devant un ordinateur.
Illustration d'un homme devant un ordinateur. — Pixabay

Selon une enquête publiée ce samedi par le groupe de réflexion Autonomy et relayée par The Guardian, des milliers de « microtravailleurs numériques » basés au Royaume-Uni sont payés moins de 4 livres sterling de l’heure, soit environ 4,64 euros. Pourtant, depuis le 1er avril 2022, le salaire minimum horaire brut pour les salariés de plus de 23 ans est de 11,47 euros outre-Manche.

Des tâches simples et rébarbatives

Selon les chercheurs de l’université d’Exeter et de la London School of Economics, qui ont mené à bien cette enquête, les microtravailleurs effectuent généralement des tâches simples comme l’identification et le sous-titrage d’images ayant pour but de faciliter les opérations d’intelligence artificielle, l’augmentation du trafic numérique en cliquant sur des publicités ou encore la saisie de données.

Ce travail non réglementé a explosé sur Internet avec la pandémie, les personnes étant contraintes de travailler à domicile. D’après l’enquête, menée auprès de 1.189 microtravailleurs basés au Royaume-Uni, près de deux sur trois déclarent gagner moins de quatre livres sterling. 95 % estiment toucher moins que le salaire minimum britannique.

Des cadres non réglementés

Selon nos confrères, la plupart des microtravailleurs dans le monde sont originaires d’Inde, du Kenya et du Vénézuéla. Ils sont des millions. Mais dans un contexte inflationniste, certains Britanniques aussi sont attirés par ces maigres salaires.

Après la publication de cette enquête, le directeur de recherche chez Autonomy a appelé le gouvernement britannique à désigner les entreprises qui se rendent coupables d’exploiter des milliers de microtravailleurs en les payant largement en deçà du salaire minimum, sans pour autant leur fournir de protection ou de cadre réglementé.