Etats-Unis : L'un des derniers Afghans détenus à la prison militaire américaine de Guantanamo a été libéré

LIBERTE Guantanamo abritait encore 37 prisonniers en avril, selon le Pentagone

20 Minutes avec AFP
— 
La prison de Guantanamo, le 17 avril 2019.
La prison de Guantanamo, le 17 avril 2019. — Alex Brandon/AP/SIPA

C’était l’un des derniers Afghans détenus à la prison militaire américaine de Guantanamo. Asadullah Haroon a été libéré après y avoir passé 15 ans, à la suite de négociations entre Kaboul et Washington, a annoncé ce vendredi le gouvernement afghan.

Des centaines de prisonniers, dont certains talibans occupant actuellement des postes ministériels, ont été libérées de Guantanamo au fil des ans. Mais Asadullah Haroon y était resté enfermé jusque-là, sans avoir été inculpé d’aucun crime.

Un échange avec les talibans

Sa libération est intervenue après un échange « direct et positif » entre les autorités talibanes et Washington, a indiqué dans un communiqué Zabihullah Mujahid, le porte-parole du gouvernement afghan.

Asadullah Haroon est maintenant au Qatar, a précisé son frère Roman Khan depuis Peshawar, dans l’ouest du Pakistan, à la frontière avec l’Afghanistan, où les membres de sa famille vivent avec le statut de réfugiés.

« C’est comme (la fête musulmane de) l’Aïd dans notre maison, comme un mariage. Ce sont des moments remplis d’émotion pour nous », a déclaré Roman Khan.

Emprisonné depuis 2007

Asadullah Haroon, qui aurait aujourd’hui une quarantaine d’années, travaillait dans la vente de miel, voyageant de Peshawar à Jalalabad, dans l’est de l’Afghanistan, quand il a été arrêté.

Il a été emprisonné en juin 2007 à Guantanamo, accusé par les Américains d’être commandant du mouvement islamiste Hezb-i-Islami et un messager d’Al-Qaida.

La famille de Haroon reconnaît son appartenance au Hezb-i-Islami, mais récuse tout lien avec Al-Qaida. La Commission de révision de Guantanamo avait rejeté sa demande de libération en 2020, avant de l’accepter en octobre dernier.

Le rejet d’une demande de libération

Elle a justifié cette décision par son « rôle non-dirigeant dans une organisation extrémiste, son manque de base idéologique claire pour ses actes passés », ainsi que « les regrets qu’il a exprimés ».

Il ne reste plus qu’un détenu afghan à Guantanamo. Muhammad Rahim y est arrivé en mars 2008. Il a été accusé par la CIA d’être un associé proche du chef d’Al-Qaida, Oussama Ben Laden.

Le tristement célèbre centre de détention, ouvert sur l’île de Cuba après les attentats du 11 septembre 2001 dans le cadre de « la guerre contre le terrorisme », a abrité jusqu’à 780 détenus. La très grande majorité ont depuis été libérés, certains après plus de 10 ans de détention sans inculpation. Mais il en abritait encore 37 en avril, selon le Pentagone.