Guerre en Ukraine : Emmanuel Macron salue « l’héroïsme » des Ukrainiens

KIEV Le Président s’est rendu à Kiev ce jour et a promis de soutenir le pays « sans ambiguïté »

M.F. avec AFP
Le Président français s'est rendu à Kiev aujourd'hui accompagné de trois autres dirigeants européens
Le Président français s'est rendu à Kiev aujourd'hui accompagné de trois autres dirigeants européens — AFP

Emmanuel Macron, Olaf Scholz et Mario Draghi ont promis jeudi de soutenir « sans ambiguïté » l’Ukraine face à l’agression russe, lors d’une visite inédite à Kiev programmée quelques jours avant une décision de l’Union européenne sur les chances de ce pays de rejoindre le bloc européen.

Les chefs d’Etat ont ensuite visité Irpin, une des banlieues de Kiev dévastées au début de la guerre par l’offensive russe ratée sur la capitale. Le président français s’est défendu de toute « ambiguïté » dans son soutien à Kiev, lui qui a été très critiqué pour avoir affirmé qu’il ne fallait pas « humilier » la Russie. « Il faut que l’Ukraine puisse résister et l’emporter » face à l’armée russe, a-t-il déclaré. « La France est aux côtés de l’Ukraine depuis le premier jour (…) nous sommes aux côtés des Ukrainiens sans ambiguïté », a-t-il affirmé.

« Make Europe Not War »

Comme d’autres dirigeants européens venus à Kiev avant eux, les dirigeants ont déambulé dans les rues d’Irpin, s’arrêtant devant des bâtiments détruits par les combats ou une voiture calcinée, posant des questions à leur guide, le ministre ukrainien de la Décentralisation Oleksiï Tchernychov. Le président français s’est notamment arrêté devant un dessin sur un mur, accompagné du message « Make Europe Not War » («Faites l’Europe, pas la guerre »). « C’est le bon message », a-t-il commenté. « C’est très émouvant de voir cela ».

A l’issue de leur visite, le président français a loué « l’héroïsme » des Ukrainiens, évoquant « les stigmates de la barbarie, les premières traces de ce que sont les crimes de guerre ». Des centaines de civils ont été tués dans les villes d’Irpin, Boutcha et Borodianka, pendant l’occupation russe de cette région en mars. Des enquêtes internationales sont en cours pour déterminer les coupables de ces crimes de guerre dont les Ukrainiens accusent les forces russes.

Les quatre dirigeants ont ensuite retrouvé le président ukrainien Volodymyr Zelensky au palais présidentiel, au centre de Kiev, avant une conférence de presse commune dans l’après-midi. La capitale ukrainienne a repris vie depuis le retrait russe de la région, mais est encore occasionnellement frappée par des tirs russes. Les sirènes d’alerte y retentissent fréquemment, comme cela a été le cas peu après l’arrivée des dirigeants européens jeudi.

La demande d’adhésion à l’Europe sera étudiée

La question d’une adhésion de l’Ukraine à l’UE devait être au cœur des discussions. M. Zelensky martèle que son pays, en défendant « les valeurs » de l’Europe face à l’agression russe, a gagné le droit de rejoindre le bloc européen, que l’UE refusait d’envisager avant le début de l’invasion russe. Les Vingt-Sept doivent décider, lors d’un sommet les 23 au 24 juin, s’ils accordent à l’Ukraine le statut officiel de candidat à une adhésion, début d’un processus de négociations qui peut durer des années. La Commission européenne​ doit faire connaître sa recommandation vendredi.

Mercredi, depuis la Roumanie, le président français avait souligné la nécessité d’envoyer des « signaux politiques clairs » aux Ukrainiens dans une « situation géopolitique inédite ». Parmi les 27, les pays d’Europe de l’Est appuient cette candidature, mais d’autres comme le Danemark ou les Pays Bas ont exprimé des réserves. Toute décision nécessite l’unanimité. L’Ukraine pourrait obtenir un statut de candidat sous conditions ou assorti d’une date pour l’ouverture des négociations, selon certains experts.

La France se dit « ouverte » à cette candidature, mais propose la création d’une Communauté politique européenne qui permettrait d’ancrer plus vite l’Ukraine à l’Europe, en l’associant à des projets concrets de défense, d’énergie ou d’infrastructures, sans attendre une adhésion. Une proposition mal accueillie à Kiev, qui redoute qu’elle renvoie une adhésion à l’UE aux calendes grecques.

En attendant de connaître la décision de l’UE, le chancelier Scholz a confirmé que M. Zelensky avait « accepté (son) invitation » à participer au prochain sommet du G7, du 26 au 28 juin, en Bavière, puis au sommet de l’Otan qui se déroulera dans la foulée à Madrid.