Le bateau du Parti pirate vogue vers le Parlement

SUEDE A plus de 7%, le parti qui réclame une remise à plat des lois sur le copyright aura au moins un siège...

Philippe Berry

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Le logo du Parti pirate suédoise
Le logo du Parti pirate suédoise — DR

A l'annonce des résultats, le live du Piratpartiet a explosé. Les tweets ont afflué et tout le monde s'est congratulé. «On l'a fait», «Bruxelles nous voilà», pouvait-t-on lire ici et là (merci à Martin pour la traduction).

 

Selon les premières estimations, le Parti pirate obtiendrait 7,4% des voix. Largement au-dessus des 4% nécessaires pour décrocher l'un des 19 sièges suédois –peut-être même assez pour deux.

 

Fondé en 2006, le Parti pirate réclame une remise à plat des lois sur le copyright et des brevets. Plus médiatiquement, il milite également pour légalisation du partage de fichiers sur Internet.

 

Boosté par le procès PirateBay

 

Trois explications à la percée d'un parti qui n'avait réalisé que 0,6% aux législatives de 2006. D'abord, une forte abstention favorise les petits partis, qui se mobilisent fortement. Ensuite, une loi est entrée en vigueur au printemps en Suède, obligeant les fournisseurs d'accès à communiquer des informations sur leurs abonnés à la justice en cas de procédure. Mais surtout, la lourde condamnation des quatre cadres du site de peer-to-peer ThePirateBay, en avril dernier, a fait exploser le nombre de membres (multiplié par trois dans la semaine après le verdict, à plus de 45.000). De quoi offrir un terrain idéal au Piratpartiet, alors que la Suède était jusqu'ici un pays plutôt très permissif en matière de téléchargement.

 

Avec un ou deux sièges sur les 736 du Parlement, le Parti pirate, qui s'éloigne des clivages droite/gauche pour se centrer sur les questions de vie privée et de partage du savoir, jouera sans aucun doute les trouble-fêtes à Bruxelles. Nicolas Sarkozy et les défenseurs d'Hadopi s'en seraient bien passé.


Des députés du Parti pirate au Parlement, une bonne chose pour le débat, selon vous?