New York : Les habitants excédés par les nombreux vols d'hélicoptères au-dessus de la ville

BRUIT Le nombre de plaintes pour nuisances sonores a explosé entre 2020 et 2021

20 Minutes avec agences
Les vols touristiques sont nombreux au-dessus de la ville américaine. (illustration)
Les vols touristiques sont nombreux au-dessus de la ville américaine. (illustration) — Anthony Behar/Sipa USA/SIPA

C’est un ballet incessant et très gênant. A New York, les hélicoptères remplis de touristes ou de clients fortunés survolent la ville jour et nuit, au grand dam des habitants, exaspérés ou désabusés.

« Avec les plus gros hélicoptères, mon appartement vibre », se plaint Melissa Elstein, responsable de Stop the Chop NY/NJ (New York/New Jersey), une association qui veut interdire les vols non essentiels dans ces secteurs. « C’est un modèle économique qui ne devrait pas exister. Ils polluent l’air, ont un impact négatif sur la santé. »

Une loi récemment passée

La question se pose depuis des années et des mesures visant à réguler le trafic ont déjà été prises. Mais entre 2020, année où la pandémie a réduit les vols, et 2021, les plaintes relatives aux nuisances sonores des hélicoptères sont passées de 10.359 à 25.821. La majorité (21.620) venait de l’arrondissement de Manhattan.

Dernière mesure en date : le Parlement de l’Etat de New York a adopté début juin une loi « Stop The Chop », ouvrant la voie à des poursuites judiciaires pour les opérateurs générant un « bruit excessif soutenu ». Mais ce texte doit encore être promulgué par la gouverneure de l’Etat Kathy Hochul. Pour l’association, ce serait un « premier pas » mais « le combat continue ».

Une activité touristique difficile à restreindre

« De nombreux New-Yorkais ne peuvent plus travailler confortablement depuis chez eux, se promener le long du fleuve ou faire faire la sieste à leurs enfants à cause du bruit et des vibrations incessants des hélicoptères non essentiels », soutient de son côté le sénateur démocrate, Brad Hoylman, auteur de la récente loi. « [Ce bruit] est préjudiciable à notre santé et à notre environnement. »

New York compte trois héliports en activité. A l’extrémité sud-ouest de Manhattan, non loin de la Statue de la liberté, le ciel est constamment traversé par des avions et des hélicoptères. La plupart des habitants se sont habitués au niveau anormal de décibels de la zone, déjà affectée par un trafic routier intense et par les ferries qui accostent et partent du port voisin.

Un accord conclu en 2016 entre la mairie de New York et l’un des opérateurs a réduit le nombre de vols touristiques de 60.000 à 30.000 par an et les a confinés dans l’espace aérien des fleuves entourant Manhattan, avec relâche obligatoire le dimanche. Mais avec un prix minimum d’environ 200 dollars pour un vol de 15 à 20 min, l’expérience reste attirante pour les touristes.