Espagne : Une nouvelle vague de chaleur « anormale » fait suffoquer le pays

THERMOMETRE Un épisode caniculaire, qui survient après le mois de mai le plus chaud depuis au moins 100 ans en Espagne

20 Minutes avec AFP
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Un thermomètre. (illustration)
Un thermomètre. (illustration) — PHILIPPE HUGUEN / AFP

Points d’eau pris d’assaut, villes tournant au ralenti : une vague de chaleur asphyxiait ce lundi l’Espagne, un épisode « anormal » à cette époque de l’année signe du « réchauffement climatique », selon un expert de l’Agence météorologique espagnole (Aemet).

Cet épisode caniculaire, qui survient après le mois de mai le plus chaud depuis au moins 100 ans en Espagne, va se traduire par « des températures extrêmes » et « pourrait durer jusqu’à la fin de la semaine », a décrit Ruben del Campo, porte-parole de l’Aemet. Selon lui, les températures dépasseront les « 40 degrés » Celsius en journée dans de nombreuses villes espagnoles et resteront élevées la nuit, « au-delà des 20 ou 22 degrés ».

Le météorologue avertit que le phénomène, « pas circonscrit à la péninsule ibérique », arrivera dans d’autres pays européens, comme en France ces prochains jours.

Quatrième épisode de forte chaleur en 2022

Sur les dix derniers mois, l’Espagne a traversé quatre épisodes de températures extrêmes : une canicule en août durant laquelle des records ont été battus (47,4 degrés à Montoro, dans le sud du pays), des températures « exceptionnellement hautes » entre Noël et le jour de l’An, la vague de chaleur de mai, et désormais celle-ci.

Le mercure pourrait grimper jusqu’à 43 degrés en Andalousie (sud), notamment à Cordoba ou Séville, selon l’Aemet.

Depuis l’ère pré-industrielle, les températures ont en moyenne augmenté de 1,7 degré en Espagne (2 degrés en Europe), rappelle Ruben del Campo, qui précise que les valeurs sont non seulement plus extrêmes, mais également les épisodes de chaleur plus fréquents.

Un risque accru de sécheresse

Et si l’Espagne a traditionnellement des étés brûlants, concède-t-il, « ils sont un peu plus chauds chaque année et de plus en plus longs : un été dure un mois de plus que dans les années 1980 », ce qui entraîne la mort de près de 1.800 personnes par an.

Outre les conséquences sanitaires, l’analyste met en garde sur les effets environnementaux, avec un risque accru de sécheresse et de difficultés d’approvisionnement en eau et une multiplication des incendies, comme dans la zone de la Sierra Bermeja, dans la province andalouse de Málaga, où un incendie a ravagé 3.500 ha la semaine passée.

La multiplication des vagues de chaleur, notamment en Europe, est une conséquence du réchauffement climatique, selon les scientifiques. Les émissions de gaz à effet de serre accroissent leur puissance, leur durée et leur fréquence.