Argentine : Un avion transportant des Iraniens immobilisé par les autorités

SECURITE L'Argentine considère toujours comme sensible la présence d'Iraniens à bord d'avions depuis un attentat à la bombe en 1994

20 Minutes avec Agences
Les passagers d'un avion.
Les passagers d'un avion. — StockSnap / Pixabay

Un Boeing 747 vénézuélien transportant 14 membres d’équipage vénézuéliens et cinq Iraniens est retenu depuis lundi dans le sud de l’Argentine, après avoir suscité des soupçons sur les raisons de son entrée dans le pays. L’avion, qui transportait des pièces automobiles, est immobilisé à l’aéroport d’Ezeiza. Les autorités en charge des questions de migration ont expliqué dans un communiqué, que « lorsqu’il existe une suspicion fondée que l’intention réelle derrière l’entrée (dans le pays) diffère de celle déclarée au moment d’obtenir le visa (…) son entrée sur le territoire argentin ne sera pas autorisée ».

Les autorités locales ont affirmé que personne n’avait été détenu et que l’équipage avait été logé dans des hôtels avec des permis de séjour provisoires. Les passeports des Iraniens ont été saisis, mais les autorités ont assuré qu’ils pourraient les récupérer s’ils quittaient le pays sur un vol régulier pendant que les enquêtes sont en cours.

Méfiance vis-à-vis de l’Iran

« La justice fédérale de la ville de Lomas de Zamora a demandé un rapport aux Migrations, à la police aéroportuaire, à l’administration de l’aviation civile et aux douanes afin de résoudre la question de l’immobilisation de l’avion vénézuélien à Ezeiza, et la restitution des passeports à l’équipage iranien, dans le cadre d’un habeas corpus déposé par l’avocat Rafael Resnick Brenner », ont indiqué des sources officielles. Les ambassades iranienne et vénézuélienne ont été informées « par voie diplomatique », ont précisé les mêmes sources.

L’Argentine considère toujours comme sensible la présence à bord d’avions de voyageurs iraniens, en raison des alertes rouges lancées par Interpol à l’encontre d’Iraniens accusés d’être liés à l’attentat à la bombe de 1994 contre le centre AMIA de la communauté juive argentine, qui a fait 85 morts et 300 blessés.

Une enquête aux Etats-Unis

Selon la presse locale, l’avion appartient à la compagnie vénézuélienne Emtrasur et a été acheté en février à la compagnie iranienne Mahan Air, qui fait l’objet d’une enquête aux Etats-Unis pour ses liens présumés avec les forces militaires de Téhéran. L’avion a tenté d’atterrir en Uruguay le 8 juin, mais l’autorisation a été refusée et il est retourné en Argentine.

Interrogé à ce sujet, le ministre uruguayen de la Défense, Javier Garcia, a déclaré dimanche avoir obtenu « des informations que le ministère de l’Intérieur avait reçues d’agences étrangères ». Javier Garcia n’a pas précisé de quoi il s’agissait, mais selon la presse uruguayenne, la situation serait liée à des sanctions du Trésor américain contre le Venezuela et l’Iran. L’appareil avait atterri le 6 juin dans la ville de Cordoba (centre de l’Argentine), par précaution en raison du brouillard qui régnait dans la capitale argentine, puis s’était rendu à Ezeiza.