Irlande du Nord : Londres présente sa révision controversée du protocole post-Brexit

FRONTIERES Le gouvernement de Boris Johnson assure que le texte est « légal », mais ses opposants l’accusent de « violer le droit international »

20 Minutes avec AFP
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Le Parlement britannique, à Londres.
Le Parlement britannique, à Londres. — Maureen McLean//SIPA

Un texte susceptible de fâcher tout le monde. Le gouvernement britannique va présenter ce lundi son projet de loi modifiant des éléments du protocole nord-irlandais, conclu avec l’UE dans le cadre du Brexit. Même s’il assure que le texte proposé est « légal », le parti d’opposition travailliste et le parti républicain irlandais Sinn Fein l’ont accusé de « violer le droit international ». L’UE a en outre clairement averti qu’une telle mesure unilatérale signifie revenir sur un traité international et justifierait des représailles commerciales.

Le protocole a été signé pour protéger le marché unique européen après le Brexit sans provoquer le retour d’une frontière dure entre l’Irlande du Nord britannique et la République d’Irlande européenne, et ainsi préserver la paix conclue en 1998 avec l’accord du Vendredi saint, après trois décennies de troubles sanglants entre unionistes et républicains. Dans ce but, il a instauré une frontière douanière en mer d’Irlande. 

Légal or not légal ?

Le parti unioniste DUP refuse de participer à un nouveau gouvernement à Belfast - dirigé pour la première fois par les républicains du Sinn Fein après leur victoire aux élections locales du 5 mai - si ce protocole n’est pas modifié. Le gouvernement britannique, qui soutient les unionistes, a annoncé mi-mai sa volonté de légiférer pour le modifier. Assurant que « le protocole fonctionne », la présidente du Sinn Fein, Mary Lou McDonald, a, elle, accusé dimanche le gouvernement britannique de s’apprêter à « violer le droit international » pour le modifier, estimant que le Premier ministre Boris Johnson tente de restaurer son autorité affaiblie. 

Le principal parti d’opposition britannique, le Labour, a lui aussi accusé le gouvernement de vouloir enfreindre la loi. Le gouvernement « semble développer un record en termes d’infractions à la loi », a fustigé dimanche la députée travailliste Rachel Reeves en référence au scandale du « partygate », ces fêtes organisées à Downing Street en plein confinement qui ont valu une amende à Boris Johnson.

Les menaces de l’Irlande

Le ministre britannique chargé de l’Irlande du Nord, Brandon Lewis, a assuré au contraire que le projet du gouvernement était « légal » et « juste ». « Publier ce projet de loi causera beaucoup plus de problèmes que ça n’en résoudra, non seulement entre la Grande-Bretagne et l’Irlande, mais entre le Royaume-Uni et l’UE​ en général », a averti jeudi le chef de la diplomatie irlandaise, Simon Coveney.

Il a souligné que depuis que Londres avait annoncé ses intentions, la position de l’UE s’était « durcie ». Le ministre Brandon Lewis a lui accusé l’UE d’avoir manqué de souplesse dans les négociations avec le Royaume-Uni.