Les parents des deux étudiants veulent poursuivre le Royaume-Uni

FAIT DIVERS Des dysfonctionnements de la justice britannique ont permis la remise en liberté d'un des deux meurtriers de leurs fils...

Avec agence

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Guy Bonomo (à droite), le père de l'étudiant français Laurent Bonomo, assassiné avec son ami Gabriel Ferez, réagit après la condamnation des deux meurtriers, le 4 juin 2009 à Londres. A gauche sur la photo, les parents de Gabriel Ferez.
Guy Bonomo (à droite), le père de l'étudiant français Laurent Bonomo, assassiné avec son ami Gabriel Ferez, réagit après la condamnation des deux meurtriers, le 4 juin 2009 à Londres. A gauche sur la photo, les parents de Gabriel Ferez. — Toby Melville / Reuters

Les parents des deux étudiants français sauvagement tués à Londres en 2008 ont annoncé jeudi qu'ils entendaient poursuivre le Royaume-Uni pour les dysfonctionnements qui ont permis à l'un des condamnés de commettre les meurtres, alors qu'il aurait dû être en prison.

«On croit aux bonnes intentions et aux bons sentiments mais il sera indispensable de faire des poursuites», a annoncé Guy Bonomo, père de Laurent Bonomo, étudiant français de 23 ans tué à Londres le 29 juin 2008 en même temps que son ami de même âge Gabriel Ferez.

«Cela va prendre beaucoup de temps mais on a besoin de ça»

«Le procès que l'on va faire, c'est pour que les choses bougent, on sait que cela va prendre beaucoup de temps mais on a besoin de ça», a-t-il ajouté peu après la condamnation à perpétuité des deux accusés

Peu après le verdict, le ministre britannique de la Justice Jack Straw a présenté des excuses aux familles pour des dysfonctionnements de ses services qui ont permis à Sonnex, l’un des deux accusés, d'être remis en liberté quelques semaines avant le double meurtre alors qu'il aurait dû être derrière les barreaux pour infraction à sa liberté conditionnelle.

Un système défaillant

«Il est indispensable que ce procès soit fait pour faire bouger beaucoup de choses, pour revoir un système défaillant. Je ne veux pas que mon fils soit mort pour rien», a ajouté Françoise Villemont, mère de Gabriel Ferez.

«C'est une grande souffrance de savoir que cela aurait pu être évité mais je ne suis pas animé par un sentiment de haine, ni de colère démesurée», a déclaré Olivier Ferez, père de Gabriel, confiant sa «frustration» de n'avoir eu qu'une position de «spectateur» dans le procès qui vient de s'achever.

Attaque contre les autorités françaises

Il a également mené une attaque contre les autorités françaises. «Complètement perdu» face à un crime aussi horrible commis dans un pays étranger, il a eu le «sentiment de trouver des gens incompétents» chez lui. «J'ai perdu confiance dans les autorités françaises», a-t-il conclu.