La tempête médiatique ne déstabilise pas Berlusconi

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Nouveau scandale autour de Silvio Berlusconi. Le chef du gouvernement

italien

a été mis en cause dans une enquête, hier, à la suite d'une plainte qui l'accuse d'avoir abusé des avions de l'Etat. Il les aurait utilisés pour faire venir des stars dans sa villa de Sardaigne. Cette nouvelle affaire n'arrange pas le Cavaliere, déjà empêtré dans le scandale Noemi, la jeune femme à l'origine de son divorce. Depuis les déclarations fracassantes de son épouse, Veronica Lario, il y a un mois - elle l'accusait de fréquenter des mineures et d'être « malade » -, l'Italie vit au rythme des révélations dans la presse. Silvio Berlusconi, qui se contentait, il y a peu, de répondre aux accusations en dénonçant un complot de la gauche, semble aujourd'hui plus préoccupé. La semaine dernière, il a fait saisir des centaines de photos qui montrent des jeunes femmes dénudées lors de fêtes dans sa villa. « Sa communication est mauvaise, estime Massimo Nava, journaliste au Corriere della Sera. Il a toujours tout nié, mais alors pourquoi fait-il saisir les photos ? » « Pour la première fois depuis sa réélection en 2008, sa cote de popularité a baissé, note Marc Lazar, professeur à Sciences-Po et auteur de L'Italie contemporaine (éd. Fayard). Et on ne parle pas des élections européennes ou des vrais problèmes de l'Italie », déplore-t-il. Et puis il y a aussi ces dix questions, parmi lesquelles « Quand et où avez-vous connu Noemi Letizia ? », que le quotidien d'opposition La Repubblica publie chaque jour, et qui ont été reprises par la presse internationale. Pour Ezio Mauro, directeur de La Repubblica, il s'agit avant tout d'un conflit « entre le pouvoir et la liberté de la presse ». Mais malgré les scandales, Berlusconi prévoit toujours une large victoire de son parti, le Peuple de la liberté, aux élections européennes, ce week-end. W

Sophie Cois et Maud Noyon