Silence sur les 20 ans des manifestations de Tiananmen

— 

Une cérémonie a eu lieu à Hongkong, hier.
Une cérémonie a eu lieu à Hongkong, hier. — A. HOFFORD / EPA / SIPA

La Chine a maintenu hier un couvercle hermétique sur le 20

e anniversaire

du massacre de Tiananmen, survenu dans la nuit du 3 au 4 juin 1989. Un appareil sécuritaire était omniprésent et les médias ont été contrôlés pour qu'aucune commémoration de la répression de ce mouvement prodémocratique ne vienne troubler l'ordre public. La Chine a aussi rejeté vertement les appels de Washington en faveur d'un réexamen de l'histoire, affirmant qu'elle avait déjà rendu son verdict sur ce qui reste à ses yeux, depuis vingt ans, une « rébellion contre-révolutionnaire ». Cette chape de silence en Chine contraste avec les multiples manifestations et cérémonies du souvenir qui ont eu lieu sur tous les continents hier, jusqu'aux portes de l'Empire du milieu, à Hongkong, où 100 000 personnes étaient attendues pour une veillée. La place Tiananmen - épicentre de sept semaines de manifestations qui s'étaient conclues par un bain de sang, faisant de 241 à des milliers de morts, selon les sources - était ouverte au public hier, mais dans des conditions symptomatiques de l'extrême tension entourant cet anniversaire. A la mi-journée, la plus grande place du monde était quadrillée par des centaines de policiers en uniforme ou en civil qui assuraient des contrôles rigoureux : détecteurs de métaux, vérifications d'identité, fouille des sacs et même des poches des visiteurs. W