Vol AF447: l'Airbus A330 introuvable... Les recherches se poursuivent

RECHERCHES Un cabinet anglais fait un lien avec un incident sur la compagnie australienne Qantas...

Avec agence

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Des traces d'huile prises pour du kérozène, repérées par un avion de l'armée brésilienne à l'endroit où l'Airbus du vol AF447 est supposé s'être crashé, le 3 juin 2009.
Des traces d'huile prises pour du kérozène, repérées par un avion de l'armée brésilienne à l'endroit où l'Airbus du vol AF447 est supposé s'être crashé, le 3 juin 2009. — REUTERS

Le mystère de la disparition en plein océan Atlantique d'un Airbus d'Air France était relancé vendredi après que le Brésil a admis que les débris retrouvés par l'armée brésilienne ne sont pas ceux de l'appareil. «C'est une mauvaise nouvelle évidemment, car on eut préféré que cela vienne de l'avion et qu'on ait des informations», a réagi le secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau sur RTL, au sujet du vol AF447.

Vitesse et orages

Les mauvaises conditions météorologiques dans la région où se concentrent les recherches rendent plus difficile la visualisation de débris, a souligné un porte-parole de l'armée de l'air brésilienne (FAB). Le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) a annoncé vendredi que l'enquête technique sur le vol Rio-Paris a permis d'établir «à partir de l’exploitation des messages automatiques transmis par l’avion, l’incohérence des différentes vitesses mesurées».

L'avion possède différents calculateurs afin de mesurer la vitesse et «il s'avère qu'il y avait une incohérence entre ces vitesses mesurées», a expliqué une porte-parole du BEA. L'enquête a aussi permis de confirmer la présence à proximité de la route prévue de l’avion au-dessus de l’Atlantique des phénomènes orageux particuliers.

Les familles sur place, la thèse de l'explosion revient

Un petit groupe de familles de victimes a quitté Rio vendredi matin à destination de Recife dans un avion de l'armée de l'air (FAB) pour accompagner les recherches au plus près. «C'est important pour nous de pouvoir voir», avait déclaré jeudi Nelson Farias Marinho, père d'une victime. Le petit groupe devait revenir à Rio ce vendredi soir.

(>> Pour lire le reportage de notre correspondante, cliquez ici).

Dans la matinée de jeudi, le général Ramon Cardoso, directeur du département de contrôle de l'espace aérien brésilien, avait annoncé que la Marine avait récupéré une première pièce provenant de la soute à bagages de l'Airbus. Mais quelques heures plus tard, il a dû faire machine arrière assurant que «jusqu'à présent, aucune pièce de l'avion n'a été récupérée» et que le liquide découvert jeudi, avec les débris, à la surface de l'océan provenait «d'un navire, pas d'un avion» puisqu'il s'agissait d'huile et non de kérosène.

Cet élément pourrait relancer l'hypothèse d'une explosion. «J'ai toujours dit qu'on n'avait pas le droit d'exclure le terrorisme», a répété vendredi le ministre français de la Défense, Hervé Morin, sujet des causes potentielles de la destruction de l'avion. Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, venu à Rio exprimer sa solidarité aux familles endeuillées, a affirmé «qu'il faudra du temps» pour connaître les causes de la catastrophe.

Un cabinet anglais fait un lien avec un incident sur Qantas

Stewarts Law, cabinet d'avocats basé à Londres, a annoncé, quant à lui, ce vendredi débuter une enquête sur la disparition de l'A330, estimant que celle-ci aurait un lien avec un incident ayant eu lieu en octobre dernier sur le même type d'avion appartenant à Qantas. «L'incident Qantas survenu en octobre 2008 a impliqué un Airbus A330 dont le système avionique a subi des défaillances, ce qui a amené l'avion à piquer du nez de façon non contrôlée», écrit-il, dans un courrier électronique adressé à l'AFP.

Stewarts Law affirme représenter plus de 30 passagers ayant souffert de blessures à bord de l'A330 de Qantas, lors du vol du 7 octobre 2008. Il indique «passer en revue tous les liens possibles» et compte «sensibiliser le public quant aux questions pertinentes en matière de sécurité aérienne». Le journal britannique «The Times» avait déjà rapproché ces deux événements touchant un A330, long-courrier de l'avionneur européen Airbus. L'avion de la compagnie australienne Qantas avait été contraint à un atterrissage d'urgence après avoir brusquement chuté de 2.000 mètres.

Chez Airbus, on affirmait qu'«il n'y avait pas de similarité» entre les deux cas. En effet, le système d'aide à la navigation mis en cause dans l'incident de Qantas, nommé ADIRU, n'a pas été conçu par le même fabricant que celui qui équipait l'avion d'Air France, souligne-t-on chez l'avionneur.



Vitesse Le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) a confirmé ce vendredi que l'enquête sur la disparition du vol d'Air France Rio-Paris montrait «l'incohérence des différentes vitesses mesurées» par l'avion, comme l'avait révélé «Le Monde» jeudi. L'avion possède différents calculateurs afin de mesurer la vitesse et «il s'avère qu'il y avait une incohérence entre ces vitesses» mesurées, a expliqué une porte-parole du BEA, en charge de l'enquête technique sur la catastrophe.
Dans la nuit de jeudi à vendredi, Airbus a envoyé à toutes les compagnies utilisant ses avions un rappel sur les procédures à appliquer en cas de mesures de vitesse incohérentes.