Guerre en Ukraine : Sanctions contre la Russie, victimes civiles… Cent jours de guerre en infographies

RECAP' Chaque semaine, « 20 Minutes » vous résume les enjeux des combats armés en Ukraine en quatre infographies

X.R. avec AFP
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Cartes de l'évolution des territoires sous contrôle russe en Ukraine depuis le 24 février.
Cartes de l'évolution des territoires sous contrôle russe en Ukraine depuis le 24 février. — Sophie RAMIS, Sabrina BLANCHARD, Cléa PÉCULIER / AFP
  • L’invasion de l’Ukraine par la Russie a commencé il y a 100 jours exactement, le 24 férvrier 2022.
  • Et comme chaque semaine, 20 Minutes revient sur les opérations militaires et les enjeux du conflit entre Kiev et Moscou en quatre infographies.
  • Evolution du front, victimes civiles et sanctions prises par les pays occidentaux, ce vendredi est l’occasion de faire un bilan sur l’impact de cette guerre à plusieurs niveaux.

L’invasion russe en Ukraine vient de franchir la barre des 100 jours. Comme chaque semaine, 20 Minutes vous propose de faire le point sur cette guerre et ses enjeux. Ce vendredi est l’occasion de tirer un bilan du conflit armé entre Kiev et Moscou, en s’appuyant sur quatre infographies.

Un front qui s’est réduit à l’est du pays

Cartes de l'évolution des territoires sous contrôle russe en Ukraine depuis le 24 février.
Cartes de l'évolution des territoires sous contrôle russe en Ukraine depuis le 24 février. - Sophie RAMIS, Sabrina BLANCHARD, Cléa PÉCULIER / AFP

Le 24 février 2022 à l’aube, la Russie lance son offensive sur trois fronts : depuis la Crimée, annexée depuis 2014, à l’Est en se joignant aux séparatistes pro-russes et au Nord, dans l’espoir de prendre Kiev rapidement et de faire tomber le gouvernement ukrainien. Les progrès ne sont toutefois pas aussi rapides qu’espérés, et le 2 avril, alors que les soldats russes ne sont toujours pas entrés dans Kiev, l’armée de Vladimir Poutine se retire de ce front.

Direction le Sud et l’Est, où Moscou veut créer un couloir terrestre pour relier la Crimée à la Russie. Après avoir longtemps buté sur Marioupol, la connexion est établie le 20 mai et les troupes russes se concentrent désormais sur la conquête de l’intégralité du Donbass.

De nombreuses victimes civiles liées aux crimes de guerre

Carte des victimes civiles lors des 100 premiers jours de la guerre en Ukraine.
Carte des victimes civiles lors des 100 premiers jours de la guerre en Ukraine. - Laurence SAUBADU, Kenan AUGEARD / AFP

Le 1er avril, alors que l’armée ukrainienne entre dans une Boutcha libérée des troupes russes, l’horreur de la guerre surgit avec force. Des dizaines de civils, les mains attachées dans le dos, sont retrouvés morts, en pleine rue. Rapidement, le terme « crimes de guerre » revient dans la bouche des dirigeants occidentaux. D’autres atrocités suivront, de l’immeuble éventré de Borodianka au bombardement de la gare de Kramatorsk. L’image du théâtre de Marioupol complètement rasé marque aussi les esprits. La ville est assiégée pendant presque deux mois, bombardée quotidiennement, sa population privée de chauffage, d’eau courante et d’électricité.

S’il est difficile d’être sûr des chiffres communiqués sur les pertes militaires, le bilan des pertes civiles est aussi très difficile à établir. Il a fallu que les soldats russes reculent dans le Nord pour prendre conscience de l’ampleur de leurs massacres, et le chiffre de 567 victimes à Marioupol serait, selon les experts, largement sous-estimé. Au 27 mai, on compte 2.975 morts civils confirmés. Les pertes se répartissent sur tout le territoire à cause des bombardements russes au début de la guerre. Mais, sur l’infographie, on remarque que la ligne de front épouse celle de nombreuses localités endeuillées, signe de l’immobilisme des deux armées.

L’Occident accumule les sanctions contre la Russie

Liste des sanctions prises par les pays occidentaux contre la Russie.
Liste des sanctions prises par les pays occidentaux contre la Russie. - Sabrina BLANCHARD, Emmanuelle MICHEL / AFP

Rapidement, les pays occidentaux dénoncent cette guerre à l’ONU et imposent des sanctions à la Russie. D’abord symboliques, en gelant surtout les avoirs d’oligarques, afin de limiter les répercussions sur l’économie et en fermant leur espace aérien aux avions russes. L’idée est aussi d’isoler la Russie, notamment en excluant des banques russes du système bancaire Swift. Puis viennent les embargos sur différents produits et enfin le sujet plus sensible des énergies.

Une grande partie de l’Europe est, en effet, dépendante du gaz et du pétrole russes. Le projet de gazoduc Nordstream 2 est néanmoins suspendu et l’UE approuve, après de difficiles négociations, un embargo partiel sur le pétrole. Entretemps, près de 1.000 marques mondiales ont quitté la Russie, parfois sous la contrainte de l’opinion publique. A noter que parmi les grands groupes pétroliers occidentaux, seul Total y maintient une activité inchangée.

Le gaz, enjeu majeur pour l’Europe

Près de la moitié du gaz européen est importé depuis la Russie.
Près de la moitié du gaz européen est importé depuis la Russie. - Laurence SAUBADU, Patricio ARANA / AFP

Si les pays de l’Union européenne (UE) vont progressivement cesser d’importer du pétrole russe, le gaz a été maintenu hors de toutes les sanctions. Et pour cause : l’UE importe 48,4 % du gaz qu’il consomme depuis la Russie. Certains pays en sont totalement dépendants. Un frein important pour l’indépendance énergétique du continent, que le Kremlin peut toujours agiter comme menace pour dissuader l’Europe de soutenir davantage l’Ukraine.