Corée du Nord : L'épidémie de Covid-19 empire selon l'OMS, qui déplore le manque d'informations

SECRET Les autorités coréennes refusent de communiquer leurs informations à l’OMS, et n’utilisent que le terme de « fièvre »

20 Minutes avec AFP
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La Corée du Nord ne partage pas ses informations avec l'OMS.
La Corée du Nord ne partage pas ses informations avec l'OMS. — Lee Young Ho/Sipa USA/SIPA

A défaut d’informations officielles, l’OMS travaille sur ses propres projections. En Corée du Nord, où le coronavirus déferle après deux années d’étanchéité complète aux frontières, les autorités ne sont en effet pas très enclines à collaborer avec l’organe santé de l’ONU.

« A l’heure actuelle, nous ne sommes pas en mesure de faire une évaluation correcte de la situation sur le terrain. Nous partons du principe que les choses sont en train d’empirer, pas de s’améliorer », a déploré le docteur Michael Ryan, responsable des situations d’urgence à l’Organisation mondiale de la santé, lors d’un point de presse mercredi à Genève.

« Encore une fois, il est très, très difficile de fournir une analyse correcte au reste du monde quand nous ne disposons pas des données nécessaires », a-t-il insisté, expliquant que l’OMS disposait des mêmes informations que celles que Pyongyang veut bien fournir au reste du monde. Selon la docteure Maria van Kerkhove, chargée de gérer la réponse à la pandémie de Covid-19 au sein de l’organisation, la Corée du Nord a enregistré un total de 3,7 millions de cas de Covid-19. Les autorités ne parlent officiellement que de « fièvre ».

3,8 millions de contaminations officiellement déclarées

Jeudi, l’agence officielle nord-coréenne KCNA recensait 96.610 nouveaux cas de « fièvre », contre 390.000 cas quotidiens signalés début mai. Le bilan officiel total est de plus de 3,8 millions de contaminations et de 69 décès. « Beaucoup de guérisons ont été rapportées mais il n’y a qu’une information limitée qui nous vient du pays », a souligné la docteure van Kerkhove.

Les 25 millions de Nord-Coréens ne sont pas vaccinés et le système de santé de leur pays est l’un des pires du monde. Le docteur Ryan a expliqué que l’OMS avait « offert de l’aide à de multiples reprises » aux autorités nord-coréennes, y compris des vaccins « à trois reprises ». Et « nous continuons à les offrir », a-t-il martelé. « Nous ne souhaitons pas voir de transmission intense dans une population vulnérable avec un système de santé déjà affaibli. Ce n’est pas bon pour les gens de la République populaire démocratique de Corée, ce n’est pas bon pour la région et ce n’est pas bon pour le monde », a-t-il insisté.