Covid-19 en Chine : « Comme le mur de Berlin »… Shanghai reprend vie après deux mois de confinement

PANDEMIE Après deux mois d’un confinement éreintant pour les 25 millions d’habitants, les zones jugées à « faible risque » sont peu à peu libérées

20 Minutes avec AFP
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Les habitants de Shanghai ont pu retrouver un semblant de vie normale en ce 1er juin 2022.
Les habitants de Shanghai ont pu retrouver un semblant de vie normale en ce 1er juin 2022. — Ng Han Guan/AP/SIPA

Un semblant de retour à la vie. Shanghai a connu ce mercredi un assouplissement de nombreuses restrictions anti-Covid, après deux mois d’un confinement éreintant pour les 25 millions d’habitants de la mégalopole. La capitale économique chinoise, ville la plus cosmopolite du pays, a été confinée par étapes à partir de fin mars, en réponse à une flambée épidémique à l’échelle nationale, la plus virulente depuis 2020.

Après avoir déjà assoupli plusieurs restrictions ces dernières semaines, les autorités permettent aux habitants de zones jugées à « faible risque » de se déplacer librement dans la ville. « On a l’impression d’avoir tous vécu un grand traumatisme, un traumatisme collectif », a déclaré à l’AFP Grace Guan, une Shanghaïenne âgée de 35 ans. Elle dit être sortie dès minuit dans les rues, où plusieurs personnes étaient en train de célébrer l’événement bière à la main. « C’est comme si le mur de Berlin était tombé », résume-t-elle.

Balade sur le Bund

Des ouvriers procédaient dans la journée au démontage de hautes barrières jaunes qui encerclaient les immeubles. Et des badauds, masqués, profitaient de leurs premiers pas de liberté. La célèbre artère historique du Bund, en bordure du fleuve Huangpu traversant la ville, s’est animée avec des habitants se prenant en photo devant l’emblématique paysage de gratte-ciels sur l’autre rive. « C’est le moment que nous attendions depuis longtemps », s’est félicitée la mairie de Shanghai sur les réseaux sociaux.

Les habitants ont afflué dans les stations de métro et les bus, de nouveau opérationnels. D’autres bavardaient dans des parcs de la ville, formant parfois de petits groupes. « Pendant deux mois, la seule chose dont il fallait se soucier, c’était d’acheter à manger. Alors aujourd’hui, j’ai envie de me faire plaisir et d’acheter des vêtements », a raconté à l’AFP Annie Xu, une Shanghaïenne de 33 ans, dans une boutique de luxe.

Une liberté toute relative

Centres commerciaux, supérettes et salons de beauté ne peuvent toutefois fonctionner qu’à 75 % de leur capacité. Parcs et sites touristiques ne rouvrent que progressivement. Les salles de sport et cinémas restent quant à eux fermés et la réouverture des établissements scolaires se fera au cas par cas. Le port du masque reste obligatoire. Mais les déplacements en taxi ou en voiture particulière sont autorisés dans les zones à faible risque.

Les autorités ont toutefois averti : le retour total à la normale n’est pas pour tout de suite et plus d’un demi-million de personnes restent soumises à des restrictions. « Il convient pour l’heure de ne pas baisser la garde, afin de consolider nos acquis en matière de prévention et de contrôle de l’épidémie », ont-elles souligné. La Chine continue d’appliquer une stratégie sanitaire zéro Covid, qui consiste notamment à imposer quarantaines et confinements dès l’apparition de quelques cas. Cette politique a permis d’éviter de nombreux morts du Covid-19, mais porté un rude coup aux entreprises. La mairie de Shanghai a concédé « qu’accélérer la reprise économique et sociale est désormais de plus en plus urgent ».

Le ministère de la Santé a rapporté mercredi seulement 15 nouveaux cas positifs à Shanghai sur les 24 dernières heures – contre plus de 25.000 encore fin avril. Le confinement de Shanghai est le deuxième plus long en Chine depuis le début de la pandémie. En 2020, celui de Wuhan (centre), première ville au monde touchée par l’épidémie, avait duré 76 jours.