Ouïghours : Washington reste « préoccupé » après la visite de l’ONU au Xinjiang

MEFIANCE Le chef de la diplomatie américaine considère que la Chine se livre à un « génocide » et pointe l’opacité du déplacement de Michelle Bachelet

X.R. avec AFP
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Anthony Blinken n'a pas été rassuré par la cheffe des droits de l'Homme de l'ONU en Chine.
Anthony Blinken n'a pas été rassuré par la cheffe des droits de l'Homme de l'ONU en Chine. — Alex Brandon/AP/SIPA

Le jeu d’équilibriste auquel s’est livrée Michelle Bachelet samedi, après sa visite au Xinjiang, n’a pas rassuré tout le monde. « Les Etats-Unis restent préoccupés par la visite de la Haute commissaire de l’ONU chargée des droits de l’Homme, Michelle Bachelet, et de son équipe en  République populaire de Chine et des efforts de cette dernière pour restreindre et manipuler ce déplacement », indique ainsi Anthony Blinken, le Secrétaire d’Etat américain.

Il s’est dit « troublé par des informations selon lesquelles les habitants du Xinjiang ont été avertis de ne pas se plaindre ou de parler ouvertement des conditions dans la région ». Selon lui, les conditions de cette visite « n’ont pas permis une évaluation complète et indépendante de la situation des droits de l’Homme, y compris au Xinjiang », dans l’est du pays.

La presse étrangère tenue à l’écart

Cette région chinoise a longtemps été le théâtre d’attentats sanglants visant des civils et commis, selon les autorités, par des séparatistes et islamistes ouïghours, le principal groupe ethnique de la région. Le Xinjiang fait ainsi l’objet depuis quelques années d’une surveillance draconienne. Des études occidentales accusent Pékin d’avoir interné plus d’un million de Ouïghours et de membres d’autres groupes ethniques musulmans dans des « camps de rééducation », voire d’imposer du « travail forcé » ou des « stérilisations forcées ». Les Etats-Unis évoquent un « génocide ».

Michelle Bachelet s’est rendue au Xinjiang dans la capitale régionale, Urumqi, et dit avoir visité dans la ville de Kashgar une prison, où elle a notamment vu des prisonniers, décrivant son accès comme « assez ouvert, assez transparent ». Les détails de sa visite n’ont pas été rendus publics. L’ex-présidente chilienne, au nom de la situation épidémique en Chine, était dans une bulle sanitaire qui l’a tenue à l’écart de la presse étrangère. Elle avait aussi ménagé les autorités chinoises dans sa conférence de presse finale, assurant que sa visite ne constituait pas « une enquête ».