RDC : Au moins 27 civils massacrés dans le Nord-Kivu

VIOLENCE L’armée accuse le groupe ADF, présenté par l’État islamique comme sa branche en Afrique centrale, d’être responsable de ce massacre « à la machette » dans l’Est du pays

20 Minutes avec AFP
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Des militaires congolais dans le Nord-Kivu, le 24 mai 2022 (illustration).
Des militaires congolais dans le Nord-Kivu, le 24 mai 2022 (illustration). — Moses Sawasawa/AP/SIPA

La République démocratique du Congo pleure les morts d’un nouveau massacre. Au moins 27 civils ont été tués samedi à l’aube à Beni dans l’est du pays par des membres du groupe armé Forces démocratiques alliées (ADF), selon un bilan provisoire de l’armée et d’observateurs.

« Au moins 27 civils ont été tués au village Beu-Manyama, près de Mamove (territoire de Beni, Nord-Kivu) ce samedi. Les ADF sont soupçonnés », a écrit sur Twitter le Baromètre sécuritaire du Kivu (KST), qui dispose d’observateurs dans cette région.

Des personnes enlevées

« A notre arrivée, c’était déjà tard parce que l’ennemi ADF avait déjà tué à la machette plus d’une dizaine de nos concitoyens », a indiqué dans la journée, le capitaine Anthony Mualushayi, porte-parole de l’armée à Beni. « Nous les avons pourchassés. Je vous informe que nos militaires ont neutralisé sept ADF. Un ADF a été capturé pendant l’opération de ratissage de cette zone dans la partie ouest de la Nationale N°4 où l’ennemi a fui après avoir été délogé de ses fiefs », a ajouté l’officier.

Dans la journée, la Croix-Rouge locale avait affirmé qu’une vingtaine de civils avient été tués dans cette attaque et d’autres personnes avaient été enlevées. « Cet après-midi, le bilan de l’attaque de Beu Manyama est passé de 21 à 24 civils tués », a déclaré Philippe Bonane, chef de la Croix-Rouge du territoire de Beni, qui supervisait l’opération de transfert des corps à la morgue.

Un massacre après un mois d’accalmie

Le village Beu-Manyama est situé à 36 kilomètres à l’Ouest d’Oicha, chef-lieu du territoire de Beni, vers la frontière avec la province voisine de l’Ituri. Ce massacre est intervenu après pratiquement un mois d’une relative accalmie enregistrée à Beni où les armées congolaise et ougandaise ont mené depuis fin novembre des opérations militaires conjointes contre les ADF, principalement à l’est de la route nationale N°4. Vendredi dans le territoire d’Irumu, 17 corps décapités considérés comme ceux d’otages des ADF ont toutefois été découverts.

Le Nord-Kivu et l’Ituri sont depuis une année sous état de siège, une mesure exceptionnelle qui a remplacé l’administration civile par l’armée et la police mais n’est pas parvenue jusqu’à présent à mettre fin aux violences. Le groupe armé ADF, présenté par l’organisation État islamique (EI) comme sa branche en Afrique centrale (ISCAP en anglais), est accusé d’être responsable de massacres de milliers de civils en RDC et d’avoir commis des attentats djihadistes en Ouganda.