Fusillade au Texas : Miah, 11 ans, s’est enduite de sang pour échapper au tireur

TUERIE Le jeune forcené qui a ouvert le feu mardi a tué 19 enfants et 2 enseignants avant d’être neutralisé par les forces de l’ordre

20 Minutes avec AFP
Les forces de l'ordre près de la Robb Elementary School à Uvalde, au Texas, après la tuerie.
Les forces de l'ordre près de la Robb Elementary School à Uvalde, au Texas, après la tuerie. — Dario Lopez-Mills/AP/SIPA

Un réflexe pour survivre. Une élève de 11 ans, survivante de la fusillade dans une école d'Uvalde, au Texas, mardi dernier, a raconté s’être enduite de sang et avoir fait la morte pour échapper au tireur. Dans un témoignage à la chaîne CNN, non filmé et sans citation directe, Miah Cerrillo a expliqué avoir utilisé le téléphone portable d’une professeure morte pour appeler la police et leur demander d’intervenir face à l’adolescent de 18 ans, qui a massacré au total 19 enfants et 2 enseignantes. Il s’agit du premier témoignage connu d’un survivant de cette fusillade.

Ce matin-là, elle et ses camarades regardaient le dessin animé Lilo et Stitch quand les deux enseignantes, Eva Mireles et Irma Garcia, ont appris qu’il y avait un tireur au sein de l’école. L’une d’entre elles, raconte l’élève, a essayé de fermer la porte de la classe, mais le tireur, Salvador Ramos, était déjà là. Tout est allé très vite, dit-elle : il a regardé l’institutrice, lui a dit « bonne nuit » puis lui a tiré dessus, avant d’abattre sa collègue puis des élèves. Miah a été blessée à l’épaule et à la tête par des éclats.

« Venez, s’il vous plaît… nous avons un problème »

Ensuite, poursuit l’élève, le tireur a ouvert une porte donnant sur une seconde classe. Elle a entendu des tirs, des cris. Salvador Ramos met de la musique sur haut-parleur – de la musique triste, selon Miah Cerrillo. Avec le téléphone de l’enseignante décédée, la petite fille et un ami supplient la police d’intervenir : « Venez, s’il vous plaît… nous avons un problème ».

Effrayée avec quelques autres élèves survivants d’un retour du tireur dans leur classe, elle dit avoir plongé ses mains dans le sang d’un camarade, dont le cadavre se trouvait à côté d’elle, pour se l’enduire partout sur elle et faire la morte. Elle pensait alors, dit-elle, que la police n’était toujours pas arrivée sur les lieux. Plus tard, se souvient-elle auprès de la chaîne américaine, elle a entendu la police arriver dehors.

Que les gens sachent ce qu’il s’est passé

Miah a poursuivi, en pleurs, disant qu’elle ne comprenait pas pourquoi la police n’était pas venue les sauver. Elle a dit à CNN qu’elle avait trop peur de parler à un homme ou devant une caméra, mais voulait que les gens sachent ce qu’il s’était passé dans cette salle de classe.

Des touffes de cheveux lui tombent du crâne depuis. Ses parents ont lancé une cagnotte en ligne pour financer son suivi médical et psychologique.