Sénégal : Onze bébés périssent dans l'incendie d'un hôpital public

DRAME L’incendie a été causé par « un court-circuit et le feu s’est propagé très vite », a fait savoir le maire de Tivaouane, ville où se trouve l’hôpital

20 Minutes avec AFP
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Une ambulance dans un hôpital au Sénégal (illustration).
Une ambulance dans un hôpital au Sénégal (illustration). — Leo Correa/AP

Le Sénégal est une nouvelle fois tragiquement endeuillé du fait des graves carences de son système sanitaire public. Onze bébés ont péri mercredi dans un incendie dans un hôpital à Tivaouane, dans l’ouest du pays.

« Je viens d’apprendre avec douleur et consternation le décès de 11 nouveau-nés dans l’incendie survenu au service de néonatalogie de l’hôpital » public de Tivaouane, a tweeté le président sénégalais Macky Sall. « A leurs mamans et à leurs familles, j’exprime ma profonde compassion », a-t-il ajouté.



« Trois bébés ont été sauvés », a précisé le maire de Tivaouane, Demba Diop. L’incendie a été causé par « un court-circuit et le feu s’est propagé très vite », a expliqué celui qui est également député et plus connu sous le nom de Diop Sy.

Macky Sall rentre précipitamment de Genève

« Cette situation est très regrettable et extrêmement douloureuse. L’enquête est en cours pour voir ce qui s’est passé », a déclaré mercredi le ministre de la Santé Abdoulaye Diouf Sarr, sur la radio RFM. Le président, en voyage à Genève où il assistait à une réunion de l’Organisation mondiale de la santé, a annoncé qu’il rentrait au Sénégal dès ce jeudi.

Une équipe du ministère de la Santé, conduite par le directeur des établissements publics de santé Ousmane Dia, était en route pour Tivaouane, a-t-on en outre appris auprès du ministère. Le ministre de l’Intérieur Antoine Félix Abdoulaye Diome était lui aussi attendu dans la nuit de mercredi à jeudi à Tivaouane.

De nombreux drames dans les hôpitaux

« Encore des bébés brûlés dans un hôpital public. C’est inacceptable Macky Sall », a tweeté un député de l’opposition, Mamadou Lamine Diallo. Quatre nouveau-nés avaient en effet déjà péri le 25 avril 2021 dans un incendie à Linguère, dans le nord du pays. Le maire et alors ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, avait évoqué un dysfonctionnement électrique d’une unité de climatisation dans la maternité.

Plus récemment, un autre drame survenu dans un hôpital public avait bouleversé le Sénégal. La presse avait rapporté qu’Astou Sokhna, une femme d’une trentaine d’années enceinte de neuf mois, était morte le 1er avril à l’hôpital public de Louga (nord) après avoir attendu dans de très grandes souffrances pendant une vingtaine d’heures la césarienne qu’elle réclamait. Le personnel aurait argué que son opération n’était pas prévue et aurait menacé de la chasser si elle insistait.

Ce décès avait suscité sur les réseaux sociaux une vague d’indignation contre les dysfonctionnements du système de santé. Face au tollé, le président Sall avait donné pour instruction de chercher les responsabilités. Le directeur de l’hôpital a été révoqué et remplacé. Trois sages-femmes qui étaient de garde la nuit du drame ont été condamnées le 11 mai à six mois de prison avec sursis pour « non-assistance à personne en danger ».