Otan : Macron va s’entretenir par téléphone ce jeudi avec Erdogan

DIPLOMATIE La Turquie menace de mettre son veto à l’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’Otan

20 Minutes avec AFP
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Emmanuel Macron et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, au siège de l'Otan à Bruxelles le 24 mars 2022 (illustration).
Emmanuel Macron et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, au siège de l'Otan à Bruxelles le 24 mars 2022 (illustration). — Wolfgang Rattay/AP/SIPA

Emmanuel Macron va tenter de faire changer la position de la Turquie sur l’entrée de la Finlande et de la Suède dans l'Otan. Le président va pour cela s’entretenir ce jeudi avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, qui menace de mettre son veto à l’adhésion de ces deux pays nordiques dans l’Alliance atlantique.

Cet entretien aura lieu à 11h30 à Paris par téléphone, a ajouté la présidence française, qui a précisé qu’Emmanuel Macron se trouvait au Fort de Brégançon, où il restera durant quelques jours, jeudi étant un jour férié en France. La Turquie a ouvert une crise au sein de l’Otan, dont elle est membre, en s’opposant à l’extension de l’organisation à ces deux pays qui ont demandé à rejoindre l’Alliance après l’invasion russe de l’Ukraine et ont reçu le soutien de l’écrasante majorité des Etats membres. La Finlande, notamment, partage 1.300 km de frontière terrestre avec la Russie.

La Turquie veut des gages sur ses préoccupations sécuritaires

Ankara a prévenu mercredi qu’elle ne donnerait pas son accord à l’adhésion de la Suède et de la Finlande sans avoir obtenu des « mesures concrètes » de leur part concernant ses préoccupations sécuritaires, après avoir reçu les délégations de diplomates de ces deux pays.

La Turquie accuse les pays nordiques, en particulier la Suède qui compte une large communauté d’exilés turcs, d’abriter des militants kurdes du PKK, le Parti des Travailleurs du Kurdistan, qu’elle considère comme une organisation terroriste. Elle dénonce aussi la présence de partisans du prédicateur Fethullah Gülen, qu’elle soupçonne d’avoir orchestré la tentative de coup d’Etat de juillet 2016.

Ankara demande aujourd’hui aux deux pays de « faire des pas concrets » concernant « la présence au niveau organisationnel, financier et médiatique des organisations terroristes », a affirmé le porte-parole de la présidence turque et proche du président Erdogan.