Fusillade au Texas : Ce que l’on sait de l’attaque qui a fait au moins 20 morts dans une école primaire

RECAP' Au moins 19 enfants, ainsi qu’une enseignante, sont morts dans cette attaque à l'arme à feu

X.R. avec AFP
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Etats-Unis : nouvelle fusillade dans une école primaire — 20 Minutes
  • Un jeune homme a ouvert le feu mardi dans une école primaire du Texas, aux Etats-Unis. Selon le dernier bilan, 19 enfants et deux enseignants sont morts.
  • Le tireur a été identifié et abattu par la police. Il s’agissait d’un adolescent de 18 ans, qui aurait également visé sa grand-mère avant de se rendre à l’école.
  • Le président américain Joe Biden a présenté ses condoléances aux familles de victimes, et appelle à « affronter le lobby des armes » après cette nouvelle fusillade en milieu scolaire.

C’est un cauchemar récurrent dont l’Amérique semble ne jamais se réveiller totalement. Mardi, une nouvelle fusillade a éclaté en milieu scolaire, 23 ans après la tuerie de Columbine, quatre ans après celles de Santa Fe et de Parkland. En octobre 2021, un campus de Louisiane était le théâtre de deux fusillades en une semaine, avant que trois personnes ne meurent en février dans une université de Virginie. Comme à Sandy Hook, en 2012, l'horreur submerge les Etats-Unis : ce sont les enfants d’une école primaire qui ont été la cible de l’attaque cette fois. 20 Minutes fait le point.

Que s’est-il passé ?

A Uvalde, ville située à 130 kilomètres à l’ouest de San Antonio au Texas, un jeune homme s’est introduit en fin de matinée dans l’école primaire Robb, qui accueille plus de 500 enfants, dont près de 90 % d’origine hispanique, de moins de 10 ans. Il se met alors à ouvrir le feu dans plusieurs salles de classe, tuant dix-neuf enfants et deux enseignants. Plus d’une douzaine d’enfants ont aussi été blessés, selon les informations transmises par des hôpitaux texans.

Alors que les autres enfants évacuent l’école, la police intervient pour neutraliser le tireur. S’ensuit un échange de tirs, dans lequel meurt le suspect. Deux policiers sont également blessés.

Que sait-on de l'auteur de la fusillade ?

Identifié comme Salvador Ramos, l’adolescent de 18 ans, étudiant au lycée d’Uvalde, aurait d’abord « tiré sur sa grand-mère », indique le gouverneur du Texas​ Gerg Abbott. Selon un élu local, cette femme a été transportée dans un hôpital de San Antonio. L’hôpital University Health de San Antonio a confirmé avoir admis une femme de 66 ans dans un « état critique » après la tuerie, sans confirmer son identité.

Puis, équipé d’un gilet pare-balles et d’un fusil, selon le sergent Erick Estrada du département de la Sécurité du Texas, il se serait enfui en voiture qu’il aurait abandonnée près de l’école primaire Robb après avoir eu un « accident spectaculaire ». C’est là que commence la fusillade. Les autorités texanes ont indiqué ignorer ses mobiles, tant pour s’en prendre à sa grand-mère que pour ouvrir le feu dans une école. Sur l’un des clichés de son compte Instagram, supprimé depuis par la plateforme, on peut voir deux fusils semi-automatiques.

Comment a réagi la classe politique ?

Le président Joe Biden, qui était en train de rentrer de son voyage en Asie au moment des faits, a pris la parole en début de soirée. « Quand, pour l’amour de Dieu, allons-nous affronter le lobby des armes ? », a lancé le président, se disant « écœuré et fatigué » face à la litanie des fusillades en milieu scolaire. « Trop, c’est trop », s’est emportée de son côté la vice-présidente Kamala Harris, appelant à « agir » sur le sujet des violences par armes à feu.

« Ne me dites pas que nous ne pouvons pas avoir d’impact sur ce carnage », a encore lancé Joe Biden, à propos du fléau des morts par armes à feu aux Etats-Unis. Les traits tirés, il a appelé à « transformer la douleur en action » pour réguler davantage les armes dans le pays, et en particulier les armes d’assaut. « Les fabricants d’armes ont passé deux décennies à promouvoir avec agressivité les armes d’assaut qui leur procurent les plus importants profits », a-t-il dénoncé.

« Cela n’arrive que dans ce pays, et nulle part ailleurs. Dans aucun autre pays, les enfants vont à l’école en pensant qu’ils pourraient se faire tirer dessus », a abondé le sénateur démocrate Chris Murphy. De fait, le débat sur la prolifération des armes à feu, qui ressort à chaque fusillade, tourne en rond depuis des années au Congrès. Entre puissance financière de la NRA, le lobby des armes, réticence des conservateurs et enjeu électoral dans de nombreux Etats, l’espoir d’une loi ambitieuse sur le sujet est presque nul.