Irlande : Le parti du Sinn Féin prépare la possible réunification du nord et du sud de l’île

UNION Le parti républicain entend convaincre les habitants d’Irlande du Nord et de république d’Irlande de voter pour la réunification de l’île

M.F avec AFP
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Mary Lou McDonald Vice et Michelle O'Neill du Sinn Féin parlent aux médias à Westminster.
Mary Lou McDonald Vice et Michelle O'Neill du Sinn Féin parlent aux médias à Westminster. — Ben Cawthra/Shutterstock/SIPA

« Nous nous préparons pour un changement constitutionnel, la réunification de l’Irlande, et nous devons le faire de manière pacifique, démocratique, ordonnée », a déclaré mardi Mary Lou McDonald cheffe du Sinn Féin. Trois semaines après sa victoire aux élections régionales, le parti républicain doit ainsi « gagner les cœurs et les esprits » en faveur d’une réunification de l’île, a-t-elle poursuivi.

Pour que la réunification – nécessitant un référendum comme l’exige l’accord de paix du Vendredi saint de 1998 – se produise, « il faut des préparations », « une très large discussion à travers l’île, incluant tous les points de vue », a indiqué Mary Lou McDonald. « Les gouvernements à Londres et Dublin doivent réaliser qu’il s’agit d’une tendance, de plus en plus de gens sur l’île estiment que le changement est imminent. »

L’accord de paix du Vendredi saint en danger

Depuis le scrutin du 5 mai, qui a vu pour la première fois le Sinn Féin devenir le premier parti à l’Assemblé locale d’Irlande du Nord, les institutions locales, où le pouvoir est partagé entre unionistes – principalement protestants, attachés au maintien de la province au sein du Royaume-Uni et républicains – sont paralysées. Les unionistes du DUP refusent d’y prendre part, exigeant la suppression des contrôles post-Brexit sur les marchandises qui arrivent dans la province en provenance de Grande-Bretagne.

A Londres, le gouvernement de Boris Johnson a menacé de légiférer pour passer outre le protocole nord-irlandais, au risque de provoquer une guerre commerciale avec l’Union européenne. Les différentes parties s’accusent de mettre en danger l’accord de paix du Vendredi saint, qui a mis fin en 1998 à trois décennies de conflit qui ont fait 3.500 morts.

Les Etats-Unis – qui ont spécialement envoyé une délégation sur le vieux continent – et les Européens « se sont immensément investis diplomatiquement et politiquement dans le processus de paix irlandais et personne ne va laisser Boris Johnson, d’une manière si cavalière, gâcher ce qu’ils ont conçu avec tant de patience et d’attention », a averti la cheffe du Sinn Féin.