La tension monte d'un cran entre Israël et les États-Unis

Sophie Cois

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« Il y a des demandes raisonnables et d'autres inacceptables »,

a affirmé hier le Premier ministre israélien, en réponse à la demande américaine de suspendre la colonisation en Cisjordanie. « Nous ne pouvons pas geler la vie dans les implantations », a insisté Benyamin Netanyahou. Depuis la visite du chef du gouvernement israélien à Washington en mai, les frictions entre Israël et les Etats-Unis sont régulières. Après une rencontre infructueuse la semaine dernière à Londres entre deux responsables américain et israélien, la secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, avait réaffirmé la détermination des Etats-Unis. « Le Président veut la fin de la colonisation : pas de colonies, pas de postes avancés, pas d'exceptions liées à la croissance naturelle », a-t-elle déclaré.

Ces désaccords qui éclatent au grand jour sont « sans précédent », estime Dorothée Schmid, chercheuse à l'Ifri. Selon elle, les déclarations de l'administration américaine sont très symboliques et « sont presque perçues comme une trahison » par les Israéliens. Une impression renforcée par le contraste avec le précédent gouvernement Bush, qui avait laissé « carte blanche » à Israël. Toutefois, Dorothée Schmid doute que les Américains « veuillent aller au clash », estimant que cela ne serait pas dans leur intérêt. « La question est de savoir jusqu'à quel point le gouvernement israélien pourra aller, explique-t-elle. L'équilibre de la coalition à la Knesset (Parlement israélien) est fragile et Netanyahou ne peut pas faire trop de concessions. » Les Etats-Unis ne devraient cependant pas relâcher la pression sur Israël avant le discours très attendu au monde musulman que doit prononcer Barack Obama au Caire après-demain et dans lequel il abordera la question de la paix au Proche-Orient. Le ministre de la défense israélienne, Ehoud Barak, s'est rendu hier aux Etats-Unis afin de poursuivre les discussions avant ce grand rendez-vous. W