Législatives en Australie : La défaite du Premier ministre Scott Morrison « convient très bien » à Jean-Yves Le Drian

ELECTIONS La défaite de Scott Morrison aux législatives « me convient très bien », a déclaré le ministre français sortant des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, huit mois après que le Premier ministre australien a causé une intense brouille diplomatique avec Paris

20 Minutes avec AFP
— 
Le ministre des Affaires étrangères Jean Yves Le Drian.
Le ministre des Affaires étrangères Jean Yves Le Drian. — action press/Georg Wendt/SIPA

« La défaite du Premier ministre me convient très bien », a réagi samedi Le Drian, provoquant les rires de la foule, lors d’une cérémonie de passage de témoin à Catherine Colonna, la nouvelle cheffe de la diplomatie française. « Les actes posés au moment où ils ont été posés étaient d’une brutalité et d’un cynisme, et je serais même tenté de dire d’une incompétence notoire », a-t-il poursuivi. « J’espère que nous pourrons renouer avec l’Australie un dialogue franc et constructif dans l’avenir », a-t-il conclu.

Canberra avait provoqué une brouille magistrale en septembre dernier avec Paris en dénonçant un contrat de vente de sous-marins français à la marine australienne pour plus de 50 milliards d’euros, leur préférant des sous-marins anglo-américains à propulsion nucléaire, dont les bâtiments français n’étaient pas pourvus. Pour marquer sa colère, la France avait rappelé son ambassadeur aux Etats-Unis, un acte sans précédent vis-à-vis de cet allié historique, de même que celui en Australie, pays à l’origine de la crise.

« Mensonge », « duplicité », « mépris »

D’ordinaire peu expansif, Jean-Yves Le Drian avait alors tiré à boulets rouges sur les contrevenants en des termes très peu diplomatiques plutôt rares. « Mensonge », « duplicité », « mépris »… Il leur avait reproché d’avoir dissimulé pendant des mois leurs négociations, dénoncé une « rupture majeure de confiance » entre alliés de l’Otan et traité au passage le Royaume-Uni de « cinquième roue du carrosse ».

Début avril, les autorités australiennes ont admis que Canberra devrait payer jusqu’à 5,5 milliards de dollars australiens (3,7 milliards d’euros) pour mettre fin à l’accord avec la France.