Kosovo : Le Tribunal spécial condamne deux vétérans à quatre ans et demi de prison

VERDICT Il s'agit du premier verdict sur la guerre d’indépendance du Kosovo des années 1990 contre la Serbie et les ex-combattants ont été condamnés pour « intimidation de témoins »

X.R. avec AFP
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Hysni Gucati, jugé à la Haye par le tribunal spécial pour le Kosovo.
Hysni Gucati, jugé à la Haye par le tribunal spécial pour le Kosovo. — Piroschka Van De Wouw/AP/SIPA

Le tribunal spécial pour le Kosovo (KSC), créé en 2015 aux Pays-Bas pour enquêter sur les crimes par l’Armée de libération du Kosovo (UCK) pendant et après la guerre d’indépendance en 1998 et 1999, a rendu son premier verdict. Pas celui, très attendu, du procès de Salih Mustafa, ancien chef de l’UCK accusé de torture et de meurtre dans un centre de détention, mais de deux vétérans, Hysni Gucati et Nasim Haradinaj.

Ils ont été condamnés à quatre ans et demi de prison pour « intimidation de témoins » après avoir révélé des informations classées confidentielles provenant du tribunal, dont des détails permettant d’identifier des témoins, lors de trois conférences de presse entre le 7 et le 25 septembre 2020. Respectivement chef et chef-adjoint d’une organisation d’anciens combattants de la guérilla, ils avaient été arrêtés dans la foulée, lourdement armés, lors d’une opération au siège de l’association des anciens combattants à Pristina et transférés à La Haye pour être jugés devant le KSC.

Selon le procureur du tribunal, les deux hommes dénigrent toutes les personnes coopérant avec la juridiction, les qualifiant d'« espions » et de « collaborateurs » qui ont « trahi » leurs compatriotes. Tous deux ont plaidé non coupables lors de l’ouverture du procès en octobre dernier. L’association des anciens combattants a déclaré avoir reçu des dossiers confidentiels du tribunal, envoyés anonymement, qui comprenaient des informations sur les témoins protégés et les inculpations à venir. De nombreux vétérans de l’UCK sont farouchement hostiles au travail du tribunal, défendant la légitimité de leur « guerre de libération » contre les forces serbes.