La Biélorussie introduit la peine de mort pour « tentative d’acte de terrorisme »

TRIBUNAL L’accusation de préparation d’actes de terrorisme est régulièrement retenue contre des opposants au régime du président Loukachenko

X.R. avec AFP
— 
De nombreux opposants au régime sont visés par ce genre d'accusations en Biélorussie. (illustration)
De nombreux opposants au régime sont visés par ce genre d'accusations en Biélorussie. (illustration) — snapshot-photography/M Czapski/S/SIPA

La Biélorussie a franchi un pas symbolique sur le plan pénal, selon un décret publié ce mercredi. « Le président biélorusse Alexandre Loukachenko a signé la loi prévoyant la possibilité de la peine de mort pour une tentative d’acte de terrorisme », selon l’agence Ria Novosti, alors que jusqu’à présent seuls ceux ayant commis un tel acte étaient passibles d’exécution. Selon l’agence Interfax, le texte relève qu’aucune « préparation ou tentative » de crime n’est passible de peine de mort à l’exception de ceux qualifiés de « terroristes ».

Une décision qui prend une autre dimension lorsqu’on regarde de plus près le régime autoritaire du président Loukachenko. Depuis le vaste mouvement de contestation contre sa réélection en 2020, c’est en effet ce motif qui est retenu contre de nombreux opposants arrêtés ou inculpés. En mars 2021, le parquet biélorusse avait annoncé que la cheffe de l’opposition, Svetlana Tikhanovskaïa, contrainte à l’exil en 2020 par la répression de la contestation, faisait elle-même l’objet d’une enquête pour « préparation d’acte de terrorisme en bande organisée », selon l’agence d’Etat biélorusse Belta.

La Biélorussie, une ex-république soviétique alliée à la Russie, est le dernier pays d’Europe à encore appliquer la peine de mort. Le pays, qui procède à plusieurs exécutions chaque année, fusille ses condamnés. Un nouveau procès de douze militants de l’opposition s’est ouvert d’ailleurs mercredi dans la ville de Grodno et leur dirigeant présumé, Nikolaï Avtoukhovitch, est notamment accusé d’acte de « terrorisme » et de préparation d’un acte de « terrorisme » en bande organisée, selon l’ONG de défense des droits humains Viasna, dont plusieurs membres et son chef sont également en prison. Selon cette source, les enquêteurs accusent le groupe d’avoir incendié une voiture et la maison d’un policier, puis d’avoir fait exploser la voiture d’un autre.