Tuerie raciste de Buffalo : Joe Biden dénonce le « poison » du suprémacisme blanc

ETATS-UNIS Le président américain s'est rendu dans la ville meurtrie par une fusillade qui a fait 10 morts samedi dans la communauté afro-américaine

20 Minutes avec AFP
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Joe Biden et le maire de Buffalo, Byron Brown, le 17 mai 2022, trois jours après une fusillade perpétrée par un suprémaciste blanc qui a visé la communauté afro-américaine, faisant 10 morts et trois blessés.
Joe Biden et le maire de Buffalo, Byron Brown, le 17 mai 2022, trois jours après une fusillade perpétrée par un suprémaciste blanc qui a visé la communauté afro-américaine, faisant 10 morts et trois blessés. — Andrew Harnik/AP/SIPA

Joe Biden au chevet d'une communauté meurtrie. Le président américain a dénoncé avec véhémence mardi le «poison» du suprémacisme blanc et condamné ceux qui le répandent, dans les médias notamment, après avoir rendu hommage aux dix personnes, toutes afro-américaines, tuées dans une attaque raciste samedi à Buffalo (nord-est).

Dans cette ville de l'Etat de New York, Payton Gendron, homme blanc de 18 ans et adepte de théories complotistes telles que celle du «grand remplacement», a commis un massacre au fusil d'assaut samedi. Du «terrorisme», selon Joe Biden.

Evoquant cette thèse raciste, Joe Biden a asséné: «J'appelle tous les Américains à rejeter ce mensonge et je condamne tous ceux qui le répandent pour gagner du pouvoir, des voix, de l'argent». La thèse aux origines néo-nazies du «grand remplacement» prétend que des vagues d'immigration, orchestrées par les élites politiques, vont peu à peu «remplacer» la population blanche.

Le racisme «depuis toujours»

Un peu plus tard, lors d'une réception à la Maison Blanche, le démocrate de 79 ans a ajouté: «Vous avez des personnes à la télévision qui parlent de la théorie du +grand remplacement+, qui font paniquer les gens». Il n'a toutefois pas mentionné le nom qui revient le plus souvent depuis samedi dans les commentaires sur le massacre, celui de Tucker Carlson, vedette de la chaîne Fox News et figure de la droite radicale.

La vice-présidente Kamala Harris, lors du même événement, a déclaré: «Le racisme est une réalité en Amérique. Depuis toujours.» «Nous avons eu dans notre pays des personnes à des positions de pouvoir incroyables qui s'en sont prises à des boucs émissaires, des personnes avec les plus vastes tribunes qui ont répandu ce genre de haine», a dénoncé la première vice-présidente d'origine asiatique et afro-américaine. Les Etats-Unis ont connu ces dernières années plusieurs tueries visant des Afro-Américains, des Juifs, des personnes d'origine latino-américaine.

200 fusillades de masse depuis le début de l'année

Le président a une nouvelle fois appelé mardi à réguler les armes à feu: «Il y a des choses que nous pouvons faire. Nous pouvons bannir les armes d'assaut de nos rues». Mais Joe Biden a toujours buté jusqu'ici sur une opposition républicaine hostile à toute espèce de régulation.

Selon l'organisation Gun Violence Archive, depuis le début de l'année, les Etats-Unis ont connu en moyenne chaque semaine dix fusillades au cours desquelles quatre personnes au moins ont été blessées ou tuées.

Joe Biden a encore rappelé mardi qu'il avait décidé de se lancer dans la course à la Maison Blanche parce qu'il n'avait pas supporté de voir l'ultra-droite parader en août 2017 à Charlottesville (Virginie, sud). Mais depuis son élection, il n'a pu que constater son impuissance à apaiser une Amérique minée par la haine raciale et ensanglantée par la violence par arme à feu.

Contraint par sa trop mince majorité parlementaire, confronté à des Etats conservateurs dotés de prérogatives étendues, limité par une Cour suprême désormais fermement ancrée à droite, Joe Biden a dû se contenter d'agir à la marge, par exemple en prenant des décrets sur des limitations marginales des armes à feu.