Somalie : Les Etats-Unis vont rétablir « une petite présence militaire »

RETOUR DU FAUCON NOIR Selon un haut responsable américain, « moins de 500 » soldats seront stationnés en Somalie. Joe Biden met ainsi fin au système de rotations décidé par Donald Trump

20 Minutes avec AFP
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Des militaires américains en Somalie, le 5 septembre 2020.
Des militaires américains en Somalie, le 5 septembre 2020. — Senior Airman Kristin Savage/AP

L’armée américaine va faire son retour en Somalie. Joe Biden a en effet décidé d’y rétablir « une petite présence militaire » pour y combattre les djihadistes shebab affiliés à Al-Qaida, selon un haut responsable américain ayant requis l’anonymat. Le président des Etats-Unis approuve ainsi une demande du Pentagone qui jugeait trop risqué et peu efficace le système de rotations décidé par Donald Trump à la fin de son mandat.

Près de 18 mois après le retrait des quelque 750 militaires américains qui étaient déployés en Somalie, « moins de 500 » soldats des forces spéciales américaines seront de nouveau stationnés dans le pays. Le haut responsable américain n’a par contre pas précisé la date de leur arrivée dans ce pays meurtri par l’insurrection des shebab et menacé par la famine en raison d’une sécheresse d’une ampleur historique, indiquant simplement qu’il « faudra un peu de temps ».

Des rotations risquées

Donald Trump avait ordonné en décembre 2020, soit juste avant la fin de son mandat, le retrait des troupes américaines de Somalie, n’autorisant que des missions par rotations. Or, ces allées et venues représentaient un risque pour les soldats et leur faisaient perdre du temps, les obligeant à acheminer leur équipement au début de chaque rotation et à le réexpédier en fin de séjour, avec en plus des périodes d’absence entre les rotations.

Le ministre de la Défense Lloyd Austin a « jugé que ce modèle de missions épisodiques était inefficace et de plus en plus intenable », a indiqué le porte-parole du Pentagone, John Kirby. Le haut responsable américain a lui laissé entendre que la décision de Joe Biden avait davantage à voir avec la sécurité des forces américaines, qu’avec l’élection dimanche d’un nouveau président somalien, Hassan Cheikh Mohamoud.

Des forces « pour former, conseiller »

Les deux responsables américains se sont en outre abstenus de préciser quels seraient les soldats envoyés, mais les effectifs allant jusqu’ici en Somalie appartiennent aux forces spéciales américaines. Ils ont précisé qu’ils étaient déjà positionnés dans des pays voisins et que ce déploiement ne changerait pas la posture militaire américaine en Afrique de l’Est.

Le porte-parole du Pentagone a par contre assuré qu’il n’était pas question que les forces américaines soient directement engagées dans des combats contre les islamistes shebab. « Ces forces ont été et vont continuer à être utilisées pour former, conseiller et équiper les forces partenaires (somaliennes), afin de leur donner les moyens dont ils ont besoin pour désorganiser, affaiblir et surveiller les shebab ». « Nos forces ne sont pas actuellement engagées directement dans des opérations de combat et elles ne le seront pas à l’avenir », a affirmé John Kirby.