Irak : Une nouvelle tempête de sable ferme aéroports, écoles et administrations

NUAGE DE POUSSIERE Au moins 2.000 personnes se sont rendues à l’hôpital, éprouvant des difficultés à respirer

20 Minutes avec AFP
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L'Irak est régulièrement touchée par des tempêtes de sable qui provoquent des troubles respiratoires chez les personnes fragiles.
L'Irak est régulièrement touchée par des tempêtes de sable qui provoquent des troubles respiratoires chez les personnes fragiles. — Canva

L’Irak est à nouveau envahie d’un nuage orangé. Une nouvelle tempête de sable s’est abattue sur le pays, provoquant la fermeture des aéroports et des administrations publiques, la suspension des examens dans les écoles et les universités ainsi que des troubles respiratoires. Au moins 2.000 personnes se sont rendues à l’hôpital, éprouvant des difficultés à respirer dans cet air saturé de grains de sable.

Le dernier épisode du genre avait entraîné un décès le 5 mai à cause des troubles respiratoires, qui ont également poussé plus de 5.000 personnes à se rendre dans les hôpitaux pour se faire soigner. Tôt lundi, les toits de la ville, les voitures garées dans les rues et même les meubles dans les maisons étaient recouverts d’une couche de sable jaune très fin.

Ventilateurs et doses d’oxygène

Au moins 2.000 personnes souffrant de difficultés respiratoires « à des degrés d’intensité différents ont été admises dans les hôpitaux », a indiqué dans un communiqué le porte-parole du ministère de la Santé, Seif al-Badr. Aux urgences de l’hôpital Sheikh Zayed à Bagdad, une vingtaine de personnes, principalement des hommes âgés, sont allongées sur des lits, un masque couvrant le bas de leur visage fatigué, pour les aider à respirer grâce à des ventilateurs.

Depuis l’aube, l’hôpital a admis quelque 75 patients venus recevoir des doses d’oxygène, a indiqué à l’AFP un des responsables aux urgences, Talib AbdelMoneim Nejm. « Il y a des patients d’un âge avancé qui souffrent de maladies chroniques, des problèmes cardiaques ou respiratoires. »

« La poussière l’étouffe »

Allongé sur le flanc, Hadi Saada, 70 ans, respire et s’exprime à grand-peine. A chaque tempête le même scénario se réitère et c’est la troisième fois que son fils Mohamed accompagne son père cardiaque à l’hôpital. Khaled Jassem en est lui à sa deuxième visite. « Nous sommes là depuis huit heures du matin, mon père a 70 ans et souffre d’insuffisance cardiaque, de diabète et d’hypertension, la poussière l’étouffe », confie le fils Walid.

L’aéroport de Bagdad a annoncé la reprise du trafic aérien en début d’après-midi, après avoir suspendu ses vols en raison « d’une visibilité de 300 mètres », selon l’agence de presse officielle INA. L’aéroport de Najaf, ville sainte chiite du sud, et celui de Souleimaniya, au Kurdistan autonome dans le Nord, ont également fermé pour la journée, selon la même source.

Un pays vulnérable au changement climatique

Au moins sept provinces sur les 18 que compte le pays ont annoncé la fermeture des administrations publiques, à l’exception des départements de Santé, notamment la capitale Bagdad. Toutes les écoles du pays seront fermées et les examens reportés à mardi, a annoncé le ministère de l’Education. Les examens universitaires ont aussi été reportés.

La tempête va progressivement se dissiper à partir de lundi soir, selon les services météorologiques. Depuis la mi-avril, l’Irak a connu en quelques semaines seulement pas moins de huit tempêtes. Les autorités présentent l’Irak comme un des cinq pays au monde les plus vulnérables aux effets du changement climatique et à la désertification. Durant les deux prochaines décennies, l’Irak devrait connaître « 272 jours de poussière » par an. En 2050 le seuil des 300 jours sera atteint, selon un responsable du ministère de l’Environnement. Parmi les mesures préconisées pour lutter contre ce phénomène, les autorités citent « la création de forêts qui font office de brise-vent ».